Les origines du Moqueur, de servitude à liberté.

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Les origines du Moqueur, de servitude à liberté.

Message par Canker le Mar 2 Fév 2016 - 23:56

Chapitre I : Le choix de Canker.

Agonie, désespoir, terreur, voici les trois mots qui ornaient maintenant le quotidien du Royaume de Lordaeron, frappé par la peste mort-vivante. Personne n’échappait à la soif de sang des morts, personne ne faisait faux bond à cette servitude forcée qu’imposait le Fléau, personne ne semblait en mesure de l’arrêter. Lordaeron chutait inexorablement vers l’oubli, faisant place à une contrée que la lumière semblait avoir abandonnée.

Ici et là, villageois et miliciens luttaient pour leur survie, l’armée ne pouvant pas toujours être là pour sauver tous le monde. C’était le cas d’un village isolé du nord, qui malgré son isolement du reste du monde, était aujourd’hui le théâtre d’une lutte désespérée pour la vie. Les villageois couraient se cacher en tout lieu possible, poursuivis en grande partie par des démons de chairs décharnées, sombre écho d’une vie d’antan arrachée prématurément. Les miliciens luttaient tant bien que mal, équipés de renforts de cuir et de vestons de mailles, de pavois et de lames de piètre facture, mais les morts gagnaient toujours du terrain. Les défunts se relevaient sans cesse, leurs cadavres morbides venant s’ajouter à la marche funèbre, terrifiant des miliciens éreintés qui ne savaient plus quoi faire…

« Dayle ! On a une voie de repli ?! Les Villageois ont pu fuir ?! » Hurla un homme tout de maille vétu, arborant une lance de fortune faite à partir d’une épée et d’un bâton, repoussant avec fort mal une goule mal avisée qui lorgnait d’un œil torve son cou tendre.

« Quelques uns oui ! D’autres n’ont pas couru assez vite… ils sont partout ! Ils nous encerclent ! Ils ne nous restent que la rue du Forgeron Briddlebraw comme voie envisageable et encore, il faudra faire vite ! Nous dev… »

Dayle, le jeune milicien à la mèche blonde n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’un squelette le transperçait de part en part, dans un rugissement rauque. Le jeune homme tomba à genoux, l’air perdu, avant de s’effondrer dans un dernier râle.

« DAYLE ! Enfer… » Richard, un milicien âgé à la barbe grisonnante, qui venait de voir le pauvre Dayle mourir alors qu’il répondait à sa supplique, pris une profonde inspiration, profitant d’un maigre répit.
« QUE TOUS LE MONDE ME REJOIGNE SUR LA PLACE CENTRALE ! Nous allons tenter de repousser encore un peu les morts-vivants, ensuite nous fuirons par la rue du Forgeron ! VITE ! »

Richard couru, lance de fortune en main, pavois éventré dans l’autre, il se posta sur la place, commençant à réunir en urgence des tonneaux et autres matériaux pouvant faire office de barricade provisoire. Il fut vite rejoint par une poignée d’hommes, l’aidant dans son effort, un homme au crâne rasé et à l’air hagard les rejoint finalement, trainant les pieds, l’air plus mort que vif, il portait un veston de mailles troué, des renforts de cuir défoncés, une lame émoussée et un pavois au symbole de l’Alliance.

« Canker ! T’es vivant ! On te croyait tous mort ! Je suis heureux de te voir ! Et Ted et John… ? »

Canker ne répondit rien, rejoignant l’abri offert par la barricade, il avait l’air ailleurs… enfin, tous les habitants savaient pour lui et savaient pertinemment qu’il n’était plus que l’ombre de lui-même. Il était étonnant qu’il ait trouvé la force de tenir aussi longtemps, beaucoup pensait qu’il serait des premiers à tomber, mais Canker avait délivré des ordres d’une voix éteinte et d’un air perdu, offrant par quelques stratagèmes une chance à quelques villageois de fuir lors des premiers assauts. Maintenant, c’était aux miliciens de s’enfuir, et la perspective d’une survie évidente pour certain devenait peu probable pour d’autres…

La barricade en place, l’urgence fit place à l’attente, la place centrale du village était atrocement calme… laissant aux miliciens tout le temps nécessaire pour admirer avec effroi ce qui restait de leur petit village… ruines, vitrines brisées, portes éventrées, murs défoncées… des rues gorgées de sang et de cadavres… seule la rue du Forgeron semblait avoir échappé à ce jugement de la tombe. Puis, les morts arrivèrent de toute part, goules frénétiques, squelettes déchainés, zombies décérébrés, tous les morts du village semblaient s’être donné rendez-vous sur la place.

« Mes amis ! Tenez bon ! Je vous promets que nous nous en sortirons, nous les avons repoussés jusque maintenant, ce n’est pas maintenant que nous allons abandonner ! Ils ont détruit notre village, nous allons leur rendre la pareille et les détruire jusqu’au dernier ! »

Le vieux Richard venait de faire ce qu’on nomme un discours inspiré, hélas, il sonna creux dans l’esprit des quelques hommes qui se tenaient derrière les barricades de fortunes, épées en mains, seul un homme se tenait au centre de celle-ci, l’air à la fois désemparé et dénué de tout envie de continuer le combat.

Cet homme chauve à l’allure famélique et au regard éteint, arborant d’un air d’abandon son armure usée et sa lame émoussée, laissant trainer son bouclier au sol… Canker n’en pouvait plus, il n’était nulle question de fatigue physique, tout était question de mental et volonté, et ça, il n’en avait plus depuis fort longtemps, c’est alors qu’il allait lâcher épée et bouclier, qu’une main se posa avec ferveur sur son épaule.

« Canker, reste avec nous ! Réveille-toi ! Ce n’est pas le moment d’abandonner ! »

Canker posa ses yeux sur Richard, le vieux Milicien se contenta de lui sourire maigrement avant de foncer à une barricade, envoyant avec vigueur sa lance dans la tête d’un zombie qui arrivait à portée.

C’est ainsi que la lutte finale de la vie contre la mort s’engagea, les miliciens se débattaient dans un dernier souffle face à des morts qui affluaient sans cesse, cela semblait interminable. Une barricade céda finalement, un homme tomba… puis deux… les derniers Miliciens enchainaient des actions désespérées, repoussant à grand mal des morts toujours plus nombreux, ils s’agitaient frénétiquement tranchant, désossant, martelant… décrivant une danse funèbre vers la tombe…

Un autre homme tomba dans un cri tandis qu’une goule le dévorait vivant… il ne resta bientôt que trois miliciens…

« Richard ! Il faut s’enfuir ou on va finir comme les autres ! On ne pourra plus tenir longtemps, les barricades vont toute céder et la rue du Forgeron est encore praticable ! »Hurla Gudrick, un milicien fort en chair, chair qu’une goule serait ravie de déguster…
Richard vint à bout d’un squelette d’un violent heurt du bouclier, le pavois se brisant au contact des os. Il jeta un bref regard vers la rue du Forgeron, aucun mort. Puis il lança un regard à Gudrick, qui tenait tant bien que mal son poste, et Canker, qui après avoir on ne sait comment vaincu un squelette le fixait d’un air songeur, un bras ensanglanté et l’autre visiblement cassé, son bouclier trainant au sol.

Richard lança ensuite un regard au flux de mort qui arrivait encore… il fallait faire vite, ils avaient repoussé un assaut et disposaient de quelques secondes pour choisir entre vie et trépas.

« D’accord, passe devant Gudrick ! Ensuite Canker et je fermerai la marche ! Dépêchez vous les gars ! »

Gudrick ne se fit pas prier, et pour un homme de sa condition, le voir courir, épée et bouclier en main était assez remarquable. Le visage gorgé de sang et traînant sa jambe gauche qui avait essuyé un coup d’épée, il arriva à la rue du Forgeron, et des morts se dirigeaient déjà vers lui, il fallait faire vite ou le chemin serait fermé, signant le glas de l’existence de Richard et Canker.

Richard saisit Canker par son bras valide.

« Allez Cank’ ! Bouge-toi ! On va foncer tous les deux !»

Canker, resta immobile, et lança un regard à Richard, qui voulait tout dire ; nulle besoin de mot en cette situation, et les deux hommes ne se perdirent pas en salutation, sans rien ajouter, Richard tourna le dos à Canker et pris les jambes à son cou, sa lance en main, il rejoignit Gudrick et ils filèrent comme ils purent, pourchassés par des squelettes.

« Que fait Canker, Richard ?! » Souffla Gudrick en courant.
« Il a fait un choix. » Se contenta de répondre Richard.

Le bruit de la fuite résonna longuement sur la place, avant de laisser place au silence, silence rompu par le cliquetis des os, et le raclement des griffes sur le sol… Seuls quelques morts avaient lancé la poursuite des deux miliciens, les autres étaient restés sur la place, observant d’un œil perplexe un repas potentiel qui ne se débattait plus.

« Je m’en vais te rejoindre… mon aimée… »
Ce fut les dernières paroles de Canker, d’un geste las il laissa tomber son épée qui lui semblait bien lourde, celle-ci se laissant mourir au sol dans un bruit de métal, puis son bouclier, dégageant son bras brisé d’un air impassible, il resta au centre de la place, immobile, telle une statue, observant l’approche des morts d’un air silencieux.

Un cercle funeste se formait, les morts les plus téméraires avaient déjà franchi les maigres barricades, les plus perplexes se contentaient de tourner autour du vivant, lui coupant toute voie de fuite. Canker ferma les yeux, seule une larme perla le long de sa joue.

Il fut mis à terre avec violence par une goule qui, perdant toute contenance avait rompu cet étrange cercle, plaquant le vivant au sol et le fixant d’un air mêlé de surprise et de désir d’assouvir une faim constante. Souffrant et grimaçant alors que la goule écrasait avec vigueur son bras gauche brisé, Canker ouvrit les yeux, fixant la goule d’un air moqueur, puis, inexplicablement, il fut pris de rire, un ricanement étouffé. En réponse face à cet affront, la goule ne perdit pas d’avantage de temps, d’un coup de griffe elle perfora le torse de l’homme, mettant fin à ce ricanement funeste, dernier soubresaut d’un vivant avec un pied dans la tombe.

Douleur intense… supplice physique… Canker avait lui-même choisit sa mort… alors que la goule s’acharnait à coup de griffe, perforant de toute part le veston de maille, la vision de l’homme commença à se troubler, sa vigueur l’abandonnait… il put apercevoir que la goule appelait des consœurs en renfort avant de fermer définitivement les yeux, dans un dernier soupir.

Il fut dévoré vivant, son sacrifice ayant permis à deux miliciens de fuir un village assaillit par l’impie. Fuir, oui, mais pour aller où ? Canker ne vécu hélas pas assez longtemps pour connaître les destins du vieux Richard et de Gudrick le bon vivant. Et lui qui pensait reposer en paix… il fut bien surpris.

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Re: Les origines du Moqueur, de servitude à liberté.

Message par Canker le Mar 2 Fév 2016 - 23:56

Chapitre II : Repos éternel interrompu.

Le calme… celui qui suit après les tempêtes, celui qui suit aussi après les massacres. Ruines et désolation, voilà tout ce qui restait du petit village isolé, des villageois gisaient dans les ruelles, inertes, plongés dans un sommeil éternel, des miliciens aussi, tous ceux qui n’avaient pu fuir. Les morts étaient toujours là, les goules et les zombies dévoraient tout ce qui passait à leur portée, les squelettes se contentaient de patrouiller dans les ruelles à la recherche de survivants, prêt à les décapiter d’un coup d’épée.

Un être encapuchonné s’avança à travers les rues du village désolé, dos voûté, lourdement appuyé sur un bâton, trainant abusivement les jambes, soulevant le poids de son corps comme si il devait soulever le monde entier… déambulant comme si il trainait un fardeau incommensurable. Il dégageait une aura impie des plus prononcées, une aura qui aurait pu courroucer le plus fervent des défenseurs de la lumière, hélas, ces mêmes défenseurs étaient tous mort au sein de ce village, la cathédrale n’ayant offert qu’un refuge éphémère face à l’avancée funèbre du glas. 

Il s’avança lentement, jusqu’à la place centrale, contemplant l’œuvre de ses serviteurs, ils avaient été des plus efficaces, il n’y avait plus aucune opposition, seule la mort était présente, concordant avec les plans de son ténébreux maître, la renaissance dans la mort. Ses serviteurs commencèrent à se rassembler autour de lui, abandonnant cadavres décharnés et os brisés, fixant leur maître dans l’attente d’une nouvelle tâche à accomplir. C’est alors qu’il prit la parole, d’une voix essoufflée, se courbant en avant sous l’effort demandé par sa vieille carcasse.

« Apportez moi… tous les cadavres de miliciens, les squelettes compris… pour les autres laissez-les en place, nous attendrons que la peste agisse. »

Les morts comme seule réponse se lancèrent en quête de cadavres en armures, et pendant que ses serviteurs s’appliquaient dans leur tâche, le regard de l’être encapuchonné s’attarda sur un cadavre étendu au centre de la place. Le corps semblait avoir été dévoré en grande partie par les goules, laissant les os à nus, le crâne était démuni de la moindre couche de chair, les yeux semblaient avoir été dévorés, maigre détail, mais la mâchoire semblait figée en un sourire moqueur… Il jugea longuement la carcasse, regardant ensuite à coté, observant l’armure de maille trouée et déchiquetée, les renforts de cuir rongés, il s’attarda ensuite sur l’épée émoussée et sur le bouclier.

« Hmm… du potentiel… il fera un squelette typique… »

Il regarda ensuite ses serviteurs qui revenaient avec des cadavres de miliciens, pour la plupart dévorés en grande partie, l’armure tenant difficilement sur un corps démuni de carnation.

« Bien… déposez-les en ligne… je vais voir si on peut en tirer quelque chose… »

Il délaissa provisoirement le squelette du centre de la place, pour observer attentivement les cadavres que ses serviteurs avaient apporté. La plupart était en piteux état, la colonne ayant été courbée, pliée, arrachée, il faudrait dépenser un peu d’énergie mais c’était réparable. Toutefois les armures étaient inutilisables et ne tiendraient pas si le cadavre se mettait en mouvement.

« Qu’on m’apporte… les armures de vos frères tombés au combat… »

Les goules s’exécutèrent, apportant camails noires, casque à cornes, armures rutilantes et rouillées, renforts en cuir miteux, bottes et gants en fer… beaucoup de squelettes étaient tombés sous les coups des miliciens, ironie du sort, ils allaient tous les remplacer. Il était évident que l’être encapuchonné était un nécromancien, et sans aucune émotion il commença à assembler ses futurs jouets, quand cela devenait nécessaire, leur donnant une armure de piètre qualité mais adaptée à leur carnation, assurant une apparence de cauchemar, la terreur était la clé de la victoire. Une fois qu’il eut habillé ses futurs « troupes », le nécromancien s’en retourna au cadavre qu’il avait longuement observé, puis il recommença son manège, habillant le squelette d’une camail, lui plaçant un casque à corne, lui faisant revêtir une armure rouillée et rutilante, lui passant les gants… La tâche accomplit il observa son travail. Le squelette ainsi étendu avait l’air bien plus terrifiant qu’auparavant, le sourire moqueur se mariant à merveille avec la tenue.

« Bien… J’en appelle aux pouvoirs de l’impie et à ceux de mon grand maître… Levez-vous ! Frères morts ! Votre temps n’est pas venu ! Levez-vous et répondez à l’appel du Maître ! »

Le nécromancien s’entoura d’un aura d’ombre tandis qu’il envoyait un flot d’énergie sur les cadavres étendus autour de lui, les corps s’agitant et tremblant sous le flux d’énergie libéré. Le sort lancé, le nécromancien attendit, fixant les cadavres maintenant inertes, puis, peu à peu, une lueur rouge commença à naître à travers les orbites vides de chacun, puis ils se levèrent comme un seul homme, se tenant pour commencer difficilement debout, choqué par cet appel inopportun…

Il fit noir durant un temps… Canker avait fermé les yeux à jamais, pensait-il, il ne sentait plus rien, ne voyait plus rien, ne pensait plus rien, c’était le vide, le néant, l’absence totale de vie, il était en paix. Puis, tout d’un coup, tout devint clair… puis rouge… si rouge… et le monde revint progressivement, il était de nouveau étendu au sol, il était de nouveau dans son village. 
Toutefois, quelque chose semblait changé, il se redressa et observa autour de lui, il y avait des morts partout… étrangement cela ne le dérangeait pas. Il observa ses mains, elles étaient le prolongement de deux bras décharnés… couvert par des gants en fer lourd d’un gris terne. Il s’observa totalement, tout son corps n’était qu’os et mailles usées, étrangement cela ne le dérangeait pas, c’est tout juste si il parvenait à réfléchir, il se sentait à la fois faible et frêle. Il lui était impossible de réfléchir ou de poser la moindre question, tout ce qui lui venait à l’esprit était une directive simple, servir son maître, et il se tourna donc vers le nécromancien qui contemplait son œuvre, au centre de la place.

« Bien… mettez-vous en route… mes serviteurs, amenez avec vous mort et désolation, rasez villages et villes, tuez femmes et enfants, ne laissez sur votre passage que mort et désolation ! »
Souffla le nécromancien avant de baigner les squelettes dans une aura d’ombre, les gorgeant d’une puissance éphémère qui s’amenuiserait avec le temps. Canker ressentit un important afflux de puissance, il se sentait de nouveau fort, de nouveau résistant, un sentiment de supériorité, il n’avait qu’une envie, se battre, tuer, tuer et encore tuer, tuer les vivants qui contrairement à lui était libre. Puis sans chercher à comprendre, il ramassa son arme et son bouclier au sol et il couru, suivit par ses confrères squelettes rompant le silence glauque de la mort par les cliquetis métallique et le craquement des os et les hurlements rauques, il ne connaissait ni sa destination, ni son objectif, mais il avait retenu une chose, il devait tuer.

« Suivez les vous autres… la marche des morts ne doit pas s’arrêter ! Rejoignez vos frères et luttez contre les vivants, Lordaeron appartient au Fléau et à notre maître ! »

Sans demander leur reste, goules et zombies, suivirent les squelettes déjà bien loin d’un pas traînant, laissant le nécromancien seul dans le village ravagé. Tout était détruit, et les cadavres commençaient à s’agiter étrangement… la peste non-morte commençant à faire effet. Les villageois se relevaient… être macabre dénué de volonté, habité par une faim atroce, cherchant d’un œil torve leur nouveau « maître », celui-ci leur donna la même directive que précédemment, puis il n’y eut bientôt plus personne dans ce petit village.

Ce village avait connu le sort de nombreux autres villages avant lui, Lordaeron ne serait bientôt plus qu’un pâle souvenir d’une gloire d’antan, et Canker allait participer à sa destruction.

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Re: Les origines du Moqueur, de servitude à liberté.

Message par Canker le Mar 2 Fév 2016 - 23:56

Chapitre III : Premier combat contre l’humanité.

« Braves gens, écoutez moi ! Il est inutile de paniquer, nous allons vous évacuer plus au sud, veuillez vous préparez le plus rapidement possible et sans faire d’émeute. Tout se passera bien si tous le monde suit mes… »

Le Capitaine n’eut le temps de finir sa phrase qu’il fut interrompu par un de ses hommes, qui faisait le guet à l’entrée du village.

« CAPITAINE ! LES MORTS ARRIVENT PAR LE NORD EST ! ILS SERONT BIENTOT LA !»

Il y eut un cri de stupeur parmi les villageois, suivit d’un long silence, les gens attendaient le moindre bruit, le moindre signal pour sortir de leurs gonds et céder à la panique la plus totale. Le Capitaine, n’ayant pas prévu une arrivée si rapide devait revoir ses plans. Il scruta l’assemblée villageoise, puis ses hommes, une troupe de 10 fantassins, essayant de dégager une possible idée, fuir était inutile, les villageois seraient rattrapés aisément, de plus quitter le village priverait la troupe d’une place idéale pour une défense…

« Braves gens écoutez moi ! Allez TOUS vous réfugier dans l’hôtel de ville, que les plus courageux d’entre vous, ceux capables de tenir une épée, restent ici afin de nous aider à repousser ces monstres ! »

Les villageois coururent tous se réfugier dans l’hôtel de ville en criant cédant à une panique primaire, seuls deux trois hommes restèrent face au capitaine. Ils étaient de carrure modeste, une lueur déterminée dans leurs regards, ils étaient prêts à tout pour repousser ces morts. Le Capitaine hocha la tête.

« Le Royaume de Lordaeron et vos familles vous remercient, Messieurs, nous allons vous fournir une arme et un pavois, si vous possédez des armures ou tout renfort de cuir pouvant suffire, allez vous en équiper le plus rapidement possible ! »

Après avoir dit ceci, le capitaine se détourna des hommes qui foncèrent s’équiper, fixant ses troupes.

« Soldats ! Allez dresser une barricade à l’entrée du village ! Dépêchez vous ! Nous commencerons la défense à l’entrée et nous reculerons jusqu’à cette place si nécessaire ! »

Aboya-t-il, désignant la place centrale de ce petit village, composé de bâtisse modeste, pour la plupart faite en paille et en terre. L’ordre d’évacuation avait été délivré le matin même, et hélas les habitants du Royaume étaient déjà pris de court. 

Le Capitaine, un homme plutôt âgé ayant vu bien des horreurs, était lui-même dépassé par la situation, il réfléchissait à toute vitesse… son index traversant sans cesse la jungle dense de sa barbe brune… Il fallait faire une demande de renfort, leur contingent était bien insignifiant face à la menace mort-vivante, il ne pourrait la repousser, il fallait gagner du temps.

« SOLDAT FITSCH ! PRENEZ MON DESTRIER ET FONCEZ AU SUD DEMANDER DES RENFORTS EN TOUT URGENCE ! Une garnison ne doit pas être loin d’Andorhal ! »

Sans se faire attendre, le dit soldat enfourcha le destrier et disparu à travers l’extrémité sud du village.

« Soldats Eric, Josh, Gilbert Donnigan et Jacques ! Allez vous positionner à la barricade ! Tenez l’entrée du village et informez-moi de la situation ! »

Les cinq fantassins cités se mirent en place, scrutant d’un œil terrifié la masse mort-vivante qui convergeait de plus en plus vite vers leur position.

«  Ruppert, Adams, Jean et Jacob, allez vous placer dans la région Est du village ! Vérifiez qu’aucun mort ne passe par cette endroit et garder un œil sur l’hôtel de ville ! Exécution ! »

Les quatre fantassins filèrent à l’est, le cliquetis du métal s’entrechoquant accompagnant leur course effrénée. Le Capitaine les regarda partir d’un œil sceptique, puis il se retourna pour voir arriver ses trois nouvelles « recrues ». Les hommes s’étaient tous habillés d’une tenue trouvée à la hâte, seul l’un d’entre eux semblait avoir eu la chance de tomber sur une cotte de maille et un heaume en fer, les deux autres se contentant de renforts de cuir.

« Bien, Messieurs il va falloir faire vite. Ce que vous allez affronter est différent de tout ce que vous avez pu connaître jusque maintenant. Veuillez suivre mes ordres à la lettre et ne jamais les remettre en question, je vous prie, ainsi je peux vous garantir un quelconque espoir de survie. Les morts sont impitoyables, ce sont des êtres dénués de tout sentiment et de tout sens moral, ne vous avisez jamais d’abandonner ou de déposer les armes, battez vous jusqu’au bout ! Car ils n’auront aucune pitié, vous m’avez compris braves gens ? »

Les trois opinèrent, le capitaine acquiesça donc, leur donnant à chacun une épée simple et un pavois au symbole de Lordaeron.

« Bien, vous deux, vous me suivez, nous allons rejoindre les autres à la barricade et tenir le plus longtemps possible, toi mon gars, tu vas rejoindre les autres qui se sont établis à l’est, et tu veilleras avec eux à ce qu’aucune percée ne soit entreprise. Allons-y ! »

Le quatuor se sépara, deux hommes suivant le Capitaine d’un pas mal assuré, le troisième à l’heaume en fer fonça rejoindre la troupe établie à l’est. Le trio arriva à la barricade de fortune, constituée de deux charrettes mis cul à cul, et d’une ribambelle de tonneaux et caisses défoncées. 

« DONNIGAN ! Rapport de la situation je te prie. »
Maugréa le capitaine en s’adossant à la barricade avec les autres, tandis que Donnigan, le fantassin, était appuyé sur une caisse, guettant l’arrivée inévitable de l’adversaire.

« C’est… c’est étrange capitaine… ils se sont arrêtés. »

« Comment ça ? Arrêté ? »

« Ils… ils ne bougent plus ! Ils restent là à fixer la barricade, à une bonne vingtaine de mètres ! »

Intrigué, le capitaine se leva, s’appuyant à son tour sur une caisse, s’accoudant au toit d’une charrette pour observer l’attroupement, il fut grandement surpris par ce qu’il pu voir. Ils étaient tous là, groupes de squelettes imposants et terrifiants, goules écumantes et affamées, zombies assoiffés de sang, ils étaient innombrables, ils n’auraient probablement aucune chance de tous les repousser, et pourtant ils restaient là, fixant la barricade… Etait-elle capable de les stopper ? Le Capitaine n’eut le temps de se questionner d’avantage qu’un être encapuchonné se faufilait à travers les rangs de mort, se traînant avec lenteur…

Le nécromancien, d’un œil vide d’émotion et de vie, scruta le village, et la barricade, d’un air circonspect, puis il fit demi-tour, se faufilant de nouveau à travers les rangs de ses serviteurs, ceux-ci se décalant avec un respect dû au rang de leur maître.

« Qui était cet homme Capitaine ? »

« Je ne sais pas… probablement un mage ou un truc de ce genre, un responsable de cette armée de mort et de désolation. Soldats, gardez la position et restez à l’abri derrière la barricade, je vais voir du coté du groupe de Ruppert comment ça se passe ! »

Après avoir dit cela le Capitaine abandonna son perchoir, quittant des yeux l’armée du glas et fonçant à l’Est du village, découvrant le groupe de Ruppert et une fortification de fortune basée sur l’assemblement de caisses et de tonneaux, offrant un coin de défense primaire.

« Ruppert ! Votre situation ?! »

« Tout va pour le mieux Capitaine, Jean et Jacob patrouillent ensemble dans le secteur nous n’avons vu aucune trace d’incursion ennemie, tout est sous contrôle pour l’instant et je dois dire que… »

Ruppert fut interrompu par un cri rauque et strident, suivit d’une violente explosion de bois… ces deux bruits provenant de l’entrée du village.

« VOUS AUTRES ! AVEC MOI ! VITE ! »

Le Capitaine et ses hommes foncèrent pour découvrir ce qui restait de la barricade… les charrettes avaient volées en éclat, écrasant Donnigan et Gilbert sous l’impact, Josh Eric et Jacques gisant au sol, hébété et choqué par la violence de l’explosion, les deux recrues ayant eu plus de chance et se tenant avec effroi en retrait, fixant les morts qui étaient toujours immobiles…

« C’était quoi ?! » Aboya le Capitaine, scrutant le sol à la recherche d’un quelconque projectile ayant provoqué ce désastre.

Tout ce qu’il pu trouver fut un étrange tas de viande givré… une masse informe de chair qui semblait dur comme de la pierre… une tête ? Incrédule, le Capitaine releva la tête fixant le groupe de mort, découvrant, dissimulé par les squelettes, un étrange engin de siège… Il entraperçu une machine de mort, ornée de lances gorgées de sang, de roues imbibées de chair, vague semblant de catapulte… c’était donc ça, les morts attendaient une catapulte…

Un rire rauque retentit au loin dans l’armée des morts, suivi par quelques autres rires et des hurlements, et, sans crier gare, la masse morbide se mis brusquement en marche ! Les squelettes courant à vive allure vers l’entrée maintenant dégagée, des goules affamées les talonnant, des zombies assoiffés avançant paresseusement derrière, bras tendus.

« SOLDATS ! FORMEZ UNE LIGNE ! LES RECRUES ! DEGAGEZ LES BLESSES ! VITE !"

Les fantassins se mirent en formation à l’entrée, bouclier levé, lame en retrait, prêt à en découdre, les trois villageois enrôlés reculant prestement les quelques soldats amochés.
Le temps semblait se ralentir alors que les squelettes parcouraient les derniers mètres les séparant de leur but… ils allaient percuter de plein fouet le mur de boucliers, les fantassins attendant, campés sur leurs positions, touchés par un mélange de terreur et d’apathie rendant l’attente semblable à un supplice…

Il courait, il avait couru toute la nuit durant et il n’avait ressenti aucune fatigue, baigné par ce sentiment de fureur et de supériorité grisant, n’ayant qu’une idée en tête, tuer encore et toujours, s’acharner sur la vie, arracher cette vie aux personnes qui lui faisaient face. Avec regret il avait dû s’arrêter à la demande de son maître lorsqu’un village se fit enfin voir, et lorsqu’une barricade en gardait l’entrée. Il avait dû attendre que ce chariot à viande démolisse ce dernier rempart, symbole d’une folle espérance des vivants. 

Mais maintenant, il n’avait plus à s’arrêter, plus à attendre, ses cibles étaient en vue, des hommes vêtu d’une armure lourde, arborant de larges boucliers, tous en formation à l’entrée de ce même village, faisant barricade vivante face à l’arrivée de la mort elle-même. Il courait donc, ce désir intense ne le quittant pas, seul le cliquetis de son armure usée sur ses os accompagnant le mouvement de son cadavre décharné, ses jambes gravissant les derniers mètres dans un mouvement répété, tel un pendule. Il leva son épée en l’air, admirant tel un nouveau né ce jouet qui se dressait devant lui, ses confrères faisant de même, puis cet instant précédant un affrontement pris fin.

Choc violent, craquement des os, grincement du métal, un fantassin fut tout simplement emporté par le flot de morts qui venait de s’abattre sur la ligne, le pauvre n’ayant nullement le temps de comprendre sa faiblesse, finissant perforé en plein torse par la lame émoussée de Canker. 

Ce sentiment intense, le visage de son opposant alors que l’épée s’enfonçait toujours plus dans son thorax, ce râle long et langoureux, symbolisant le départ de la vie, cette vie qui était si chère à son adversaire. Canker fixa du début jusqu’à la fin cet homme, cet homme qu’il venait de tuer de ses propres mains, il avait été comme lui avant, et il n’avait étrangement aucun dégoût à lui ôter la vie. Il en éprouva même un semblant de plaisir, plaisir provoqué par cette énergie ténébreuse qui résonnait à travers ses os. 

Canker se releva finalement, délaissant ce cadavre pour trouver un nouveau jouet, observant ses camarades mettre à mal cette ligne de fantassin qui semblait prête à lâcher d’une seconde à l’autre, puis il posa son regard sur trois hommes qui le dévisageaient d’un air emprunt d’effarement et de terreur pure. Il poussa un cri rauque et les chargea, levant son épée et postant son bouclier devant lui, comme réponse il put entendre un hurlement strident dans une langue qu’il ne comprenait pas, les trois hommes reculant avec une peur évidente.

« Capitaine… CAPITAINE ! AIDEZ NOUS ! »

Canker arriva face à son nouveau camarade de jeu, celui-ci en réponse d’un geste compulsif et désespéré fendait l’air avec son épée pour l’abattre avec une force décuplée sur son bouclier. Une secousse parcourue l’ensemble de ses os, le choc le faisant reculer d’un pas en arrière, le bouclier ayant encaissé l’impact dans son intégralité. Il ne fut même pas surpris de ne rien ressentir, un choc pareil aurait pu lui briser le bras, et sans même chercher à réfléchir, il envoya un coup d’estoc, sa lame filant à travers l’air pour finir sa course dans le ventre de son opposant. L’homme fut éventré sur place, Canker le dégagea d’un revers ganté, parant avec flegme le coup latéral que lui envoyait le suivant avant de le tuer d’un coup d’épée en plein cœur.

Il ne restait qu’un homme face au mort, Canker se retournant et l’ignorant royalement, observa l’avancée de ses camarades. Il n’y avait plus qu’un homme qui reculait, tenant les morts en respect, s’épuisant dans de grand moulinet de l’épée, reculant toujours plus, manquant de trébucher sur le cadavre de ses compagnons tandis que les défunts face à lui se faisaient déjà dévorer par les goules. Canker ne pu poursuivre sa contemplation qu’il fut projeté au sol par un violent coup de bouclier, sa tête heurtant le sol avec force.

Il se releva sans trop de mal, scrutant l’origine du coup, l’homme à qui il avait tourné le dos en avait profité. Il le chargea alors sans plus de cérémonie, mettant fin à cette mascarade d’espoir futile en un coup d’épée en plein thorax, l’homme tombant à genoux dans un râle, observant Canker avec pitié et aversion, avant de s’écrouler définitivement.

Ses camarades n’avaient pas trainé, le rejoignant déjà, comblant le silence de la mort par le cliquetis du métal sur les os, le groupuscule de squelette cherchant de nouvelles cibles tandis que les goules et les zombies dévoraient avec entrain les cadavres laissés à l’abandon. Le groupe se sépara ici et là, Canker s’en allant vers une ruelle à l’ouest, n’ayant pas d’idée précise si ce n’est trouver un survivant ou quoique ce soit qui pourrait lui procurer un plaisir simple et cruel.

Il tomba nez à nez avec un enfant, qui on ne sait pourquoi avait été laissé livré à lui-même tandis que les villageois actuellement réfugiés dans l’hôtel de ville signalaient maintenant leur présence à travers des cris d’horreur et de douleur cauchemardesques. Il observa le mort en silence, pétrifié par la peur, Canker gravit les quelques centimètres qui le séparaient de ce gamin, l’attrapant par le col et le fixant de ses deux yeux rouges, impassible.

Leurs regards se croisèrent, et c’est sans vergogne que Canker embrocha le petit sur son épée, le tenant toujours par le col. Le temps sembla ralentir, tandis que l’acte était accompli, Canker fixa l’enfant, le regard de ce petit être passant par diverses émotions. Il y eut d’abord la peur, faisant place à la surprise, tandis que la lame s’enfonçait toujours plus, la surprise laissa place à la stupéfaction, la lame finissant de transpercer le bambin, ressortant de l’autre coté de cette chair douce et tendre… Puis il y eut la douleur, le petit grimaça, fixant toujours Canker, les larmes aux yeux, la douleur… Canker était grisé, ce sentiment qu’il n’éprouvait plus depuis sa mort, il pouvait le découvrir le partager à travers le regard de cette petite chose qui allait s’éteindre d’un instant à l’autre. Il aurait voulu prolonger cet instant éternellement, cette douleur… il était baigné dans une sorte d’euphorie d’autosatisfaction, ce plaisir intense le faisant rire à gorge déployée, puis, le petit poussa un râle semblable à un couinement, ce fut le dernier son que Canker entendit de la part de cette chose, la dite chose fermant définitivement les yeux.

Il resta en place, toujours bercé par cette euphorie, ricanant tel un dément d’un rire rauque, provoqué par l’entrechoquement des os et de sa mâchoire, le petit garçon gisant sur son épée, inerte, maintenu en l’air tel une poupée de chiffon. Puis, il reçut un signal, il était appelé au centre du village par son maître, jetant le corps sans vie au sol sans plus de sentiment que si cela aurait été une ordure encombrante, Canker couru rejoindre ses camarades.

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Message par Canker le Mar 2 Fév 2016 - 23:57

Chapitre IV : Les elfes, la magie, la douleur.

Cela allait faire un an, un an durant lequel Canker parcouru le royaume ravagé de Lordaeron, détruisant toute forme de vie sur son passage, ne laissant que terreur et désolation, comme l’avait demandé son maître, ce nécromancien, lui-même serviteur d’un être plus grand encore. Puis, un jour, le maître eut pour ordre d’attaquer le royaume elfique de Quel’thalas, terre des Haut-elfes. Canker dût alors se rendre en ces lieux, accompagné par ses frères mort-vivants, qui étaient toujours plus nombreux à le rejoindre. Durant un an, Canker avait eu plusieurs occasions de réitérer son acte immoral et gratuit que consistait le meurtre d’un enfant, ses pensées bien qu’axées sur une idée fixe qui étaient de tuer, il se demandait si tuer un elfe serait aussi plaisant…

Il arriva finalement dans une forêt dense, la magie berçant ces lieux résonnant au plus profond de ses os, lui donnant une étrange sensation de picotement, ce picotement ne faisant qu’accentuer cette frénésie sanglante qui l’habitait en permanence depuis bientôt un an. Ses camarades semblaient réagir de la même manière face à cette atmosphère magique, accélérant instinctivement l’allure. L’armée funeste arriva en vue d’un village elfe, les bâtiments étant à l’image de leurs créateurs, nobles et magnifique, dégageant une sorte d’aura magique mineure, sans doute due aux diverses enchantements en place.

Le Nécromancien se faufila à travers les rangs, s’arrêtant au niveau des squelettes.

« Bien… mes serviteurs… voici un village Haut-elfe… notre maître attaque actuellement ce royaume, et il compte sur nous tous pour l’aider à vaincre ces maudits elfes qui lui barrent la route… ne laissez rien derrière vous hormis mort et désolation… pas de pitié ! »

Après avoir donné ses instructions, le nécromancien recula, laissant ses « troupes » faire le sale boulot. Canker et ses camarades coururent en direction de la première maison, l’alerte ne mit pas longtemps à être sonnée, des elfes sortant ici et là pour faire face aux morts, ils semblaient déjà plus menaçant que les hommes de Lordaeron…  Les squelettes continuèrent leur charge sans sourciller, gravissant avec flegme les derniers mètres les séparant de ce bataillon qui se formait rapidement. Puis, tout d’un coup…

« Allez-y ! Déchainez l’enfer ! »

Une volée de boules de feu fendit l’air, allant finir sa course dans les rangs mort-vivants. Beaucoup de squelettes tombèrent, tandis que Canker portait juste à temps son bouclier face à lui, encaissant la déflagration et tombant à la renverse, surpris et parcouru par une étrange sensation… une gène… atroce, qui se faisait ressentir dans tout son corps, un picotement inimaginable… de la… douleur ? Il se redressa avec mal tandis que des morts couraient déjà devant lui, remplaçant le premier rang qui venait de tomber. 

Des elfes portant une robe rouge, lançaient à tour de bras des boules de feu sur les morts, tandis que des fantassins les couvraient, achevant les quelques morts ayant réussi à passer cette muraille de flamme. Cette manœuvre bien qu’intelligente et dotée d’une certaine finesse n’eut hélas comme résultat que d’offrir une résistance plus longue, les morts forçant peu à peu le passage par leur surnombre. 

Canker repris finalement part au combat, évitant une boule de feu lancée avec vigueur et allant s’abattre avec force sur le rang de fantassins qui semblait de plus en plus en difficulté, le sol se couvrant peu à peu de sang. Canker abattit sa lame avec force sur un de ces fantassins, celui-ci esquivant avec grâce et envoyant un coup d’estoc droit sur le bouclier de ce dernier, ces elfes étaient décidément agiles, il n’arrivait pas à les toucher. L’elfe qui lui tenait tête trouva par la suite sa limite, se faisant empaler par trois lames dans un râle rauque, une appartenant bien entendue à Canker. 

La voie étant libre, Canker et deux de ses camarades se lancèrent sur le rang suivant qui lui était constitué d’arcaniste, ces mêmes arcanistes qui décimaient les rangs mort-vivants avec une aisance déconcertante. Ils profitaient de cette couverture offerte par les fantassins pour détruire tous les mort-vivants ne s’étant pas encore abattu sur ce « rempart », ceux acculant les fantassins n’étant plus dans un angle de tir pratique, les arcanistes ne pouvant lancer leurs sorts sans mettre en péril la sûreté de leurs compagnons.

Canker et ses deux confrères arrivèrent sur un arcaniste, celui-ci les ayant vus venir sembla s’entourer d’une aura bleue, tandis qu’il tendait ses deux mains vers le groupe, projetant un souffle glacé. De nouveau, Canker ressentit un étrange sentiment, tandis que ses articulations lui semblaient douloureuses et que son rythme ralentissait, il se trainait littéralement, envahit par un froid intense… froid ? Comment cela pouvait-il être possible ? L’arcaniste profita du temps dont il disposait, ses assaillants maintenant ralentis, pour reculer et incanter son prochain sort qui aux vues de ses mains s’entourant d’un aura rouge allait être dévastateur.

Les trois squelettes continuaient leur parcours, se trainant dans un grotesque simulacre de charge, épées levées et prêt à s’abattre sur l’arcaniste, qui lui, concentré, préparait un sort que les morts allaient sentir passer. L’attente ne se fit pas longue, l’arcaniste laissa libre cours à sa fureur, envoyant une gigantesque sphère incandescente sur les morts. Malgré sa lenteur provoquée par ses os transis, Canker trouva juste le temps pour placer son bouclier face à lui, s’écroulant littéralement au sol alors que ses camarades se désintégraient totalement sous la chaleur de cet orbe. Canker se releva avec difficulté, ses os le faisant souffrir, toutefois cette chaleur soudaine avait eu comme vertu de mettre fin à ses rhumatismes précédents. 

Il fixa l’arcaniste, immobile, alors que la bataille faisait rage autour de lui, le rang de fantassin se faisant décimer, les arcanistes commençant à reculer, rien ne lui importait plus que l’elfe qu’il avait face à lui, ce même elfe qui se préparait à mettre fin à sa non-vie, incantant un nouveau sort dévastateur. Il allait tenter le tout pour le tout, levant son bouclier face à lui, ses pieds fixés fermement au sol, si par son vivant il avait été entrainé contre la magie, c’était le moment de le prouver.

L’arcaniste lança son sort, une boule de feu fendant l’air vers Canker, la distance se réduisant petit à petit, et là, dans la tête du mort, tout commença à ralentir… Il voyait la boule incandescente arriver, il regarda avec lenteur sa main droite, cette main squelettique, qui serrait fermement son épée, puis sa main gauche, qui tenait fermement la poignée de son bouclier, tout allait se jouer sur ce mouvement précis, il devait y avoir un timing parfait. Il se recula soudainement, prenant une sorte d’élan, puis s’avança avec force, balayant l’air vers la boule de feu dans un violent heurt du bouclier, insufflant à son coup toute la force dont il pouvait disposer, hurlant d’un air rauque. La boule, frappée de plein fouet par cette masse d’acier usé, n’explosa pas à la plus grande surprise de l’arcaniste, et fit demi tour pour foncer droit vers lui, il n’eut que le temps de s’entourer d’un bouclier de magie.

Le choc des énergies fut intense, le bouclier absorbant une bonne partie de l’explosion, épuisant son utilisateur et le laissant pantois au sol. Il eut juste le temps de voir le mort s’approcher qu’il se prenait déjà son épée dans le ventre, son expression si déterminée faisant place à une sorte d’égarement et de détresse, alors que Canker enfonçait toujours plus sa lame. Sans plus de cérémonie, encore bercé par cette douleur abominable au plus profond de ses os, Canker retira sa lame en délivrant un violent heurt du bouclier sur l’elfe, lui brisant les cervicales. Il se retourna ensuite pour observer les morts décimant les rangs elfes, les fantassins gisant tous au sol et les arcanistes se faisant submerger, beaucoup fuyant le combat poursuivis par des hordes de goules.

Cette rencontre avait été enrichissante pour le mort, il n’avait pas ressentit la douleur depuis si longtemps, il avait raison finalement, de détester la magie. Il ne s’attarda pas d’avantage, l’appel de son maître se faisant ressentir alors que ce dernier se frayait un chemin parmi les cadavres elfes jonchant le sol, Canker espérait bien rester peu de temps ici…

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Re: Les origines du Moqueur, de servitude à liberté.

Message par Canker le Mar 2 Fév 2016 - 23:58

Chapitre V : Retour imprévu à la terre.

Canker resta un an, participant à la victoire du Fléau face au Royaume elfique, son aversion pour la magie ne faisant que se raviver après chaque affrontement. Par la suite il retourna en Lordaeron, le fléau en grand vainqueur s’y installant de plus en plus, grattant toujours plus de terrain aux rescapés qui avaient formé une coalition de fortune. Au final, la situation restait inchangée, l’armée luttait toujours pour permettre aux civils de fuir.

« Chevaliers ! Tenez-vous prêt ! La vague mort-vivante va bientôt déferler sur nous ! Si nous parvenons à tenir et que nos familles atteignent les montagnes, ils ne pourront plus nous déloger ! De là ! Nous pourrons réfléchir à un plan pour nous débarrasser définitivement de cette vile engeance, et d’Arthas, le responsable de ce désastre ! »

Le Paladin venait de clamer ses ordres, fixant les Chevaliers qui lui faisaient face, certains montés, d’autres à pieds munit d’un large bouclier et d’une longue épée. Ils se tenaient ainsi tous en faction à l’entrée d’un village, prêt à en découdre et à repousser une énième offensive des morts, les villageois se pressant de charger leurs mules et de filer vers le sud, dans les montagnes.

« Chevalier Dillinger ! Vous vous chargerez de protéger les villageois ! Vous autres, en formation ! »
Le Chevalier nommé Dillinger ne se fit pas prier, montant sur son destrier, et commençant à suivre le convoi de fortune. Les autres chevaliers se mirent en formation à l’entrée du village, les cavaliers en retrait prêt à charger, les fantassins en ligne parfaite, le Paladin se tenant avec fierté au centre, tenant son lourd marteau d’une main et un libram de l’autre. Il récita une simple prière, baignant ses braves compagnons dans une bénédiction de lumière, leur redonnant vigueur et courage.

Puis, ils fixèrent la butte qui surplombait le village, seule route existante, et donc seule voie d’accès pour les morts. Ils ne se firent pas longtemps désirer, une silhouette décharnée apparue au loin, suivie bientôt par une horde de squelettes. Ils semblaient innombrables, les squelettes faisaient bientôt place à des hordes de goules qui les suivaient en sautillant nerveusement, puis des zombies poussifs… Deux énormes silhouettes massives fermèrent la marche funèbre, elles étaient informes, présentant un ventre ouvert regorgeant de trippes et d’organes à l’air libre… munies de crochets, de fendoir et d’un troisièmes bras derrière leur immonde tête qui agitait fébrilement une lame… le seul terme pouvant les décrire était, abomination.

« TENEZ BON MES FRERES ! LA LUMIERE TRIOMPHERA DU MAL ! A L’ATTAQUE !»

Hurla le Paladin, alors que lui et les fantassins s’écartaient pour laisser les cavaliers charger, les suivant de près.


Canker chargeait avec ses confrères, toujours habité par cette soif inextinguible de combat et de douleur. La Charge des cavaliers ne semblait pas le perturber, tout comme ses camarades, ils continuaient leur avancée, grattant les quelques mètres les séparant de la bataille.

Comme toujours, choc frontal, les cavaliers n’eurent pas trop de mal à enfoncer le premier rang, écrasant littéralement les squelettes sous les sabots de leurs destriers. Les fantassins les rejoignirent immédiatement et la bataille commença, la lutte s’installait entre vivants et morts. Canker abattit avec force son épée sur le bouclier d’un Chevalier qui en réponse le repoussa violemment frappant avec vigueur l’os assurant la jonction de son bras droit et son épaule. Malgré les échos de la bataille, Canker pu entendre son os craquer sous le coup, d’un geste vacillant il planta son épée dans la gorge de son assaillant, profitant de cette proximité, le geste ne faisant qu’accentuer la fêlure de l’os.

Canker se tourna ensuite vers ses camarades, ceux-ci semblant littéralement s’effondrer face aux Chevaliers de la Main d’Argent. Les goules prirent vite le relai, les squelettes se démenant avec mal face aux rangées de sabots et d’épées. Le Paladin aussi, jouait les fortes têtes, repoussant à lui seule des dizaines de morts, balayant l’air de son marteau et consacrant la terre, la lumière brûlant l’impie.
Cette résistance bien que phénoménale semblait toutefois s’essouffler, le sol se jonchait progressivement du sang des chevaliers. Canker alla prêter main forte à deux camarades squelettes, transperçant sans vergogne la monture d’un chevalier qui en réponse s’étala au sol avant d’être dévoré vivant par une goule de passage. Le trio s’attaqua ensuite à un Chevalier qui leur donna grand mal, ce dernier emportant avec lui un squelette dans sa chute, le décapitant avant d’être transpercé en plein torse par la lame de Canker.

Second craquement, son bras arrivait à un point de rupture, il retira la lame du corps de son adversaire d’un geste sec, et se retourna pour bloquer juste à temps le coup d’estoc d’un Chevalier venu venger son frère d’arme. Le coup résonna au plus profond de ses os, et alors qu’il allait lever son épée pour répliquer, son bras droit tomba au sol. Le Chevalier hurla de rire, s’esclaffant :

« HA ! Ne t’en fais pas vermine ! Tu vas vite rejoindre ton pauvre bras au sol ! »

Puis sans même attendre il retenta un coup d’estoc, Canker bloquant à nouveau en se fixant sur ses appuis. La situation devenait précaire, il devait réagir, surveillant d’un œil morbide l’emplacement de son bras, Canker repoussa l’assaillant à grand coup de bouclier, enchainant les heurts dans une frénésie euphorique, lui donnant l’air d’un dément. Le Chevalier reculait, encaissant les coups de bouclier avec grand mal, l’impact du fer rouillé sur son armure lui arrachant des grognements rauques, il ne parvenait plus à contre-attaquer, le squelette rieur ne lui laissait aucun instant de répits.

Canker enchainait les heurts, il n’avait plus aucune notion de temps, de douleur ni même d’idée de ce qu’il devait faire. Tout ce qu’il voyait, c’était un homme, et son bouclier le martelant sans relâche, il adorait ça, il était frénétique. Le Chevalier fini par trébucher, Canker l’envoyant au sol avec violence, et commençant à le maintenir au sol à grand coup de bouclier, l’enfonçant littéralement dans la terre. Le Chevalier hurlait de douleur, appelait ses camarades à l’aide, mais aucun ne pouvait l’aider en cet instant, le squelette rieur poursuivait son œuvre, frénétique, il mit fin aux souffrances du pauvre bougre d’un coup vertical de son bouclier en pleine nuque, brisant les vertèbres. 

Canker se releva ensuite, observant le cours de la bataille, tout ceci était étrange, les Chevaliers ne reculaient plus, et les morts n’affluaient plus. Comment cela pouvait-il être possible ? Les vivants pourraient donc vaincre les morts ? Canker alla ramasser son bras, celui-ci serrant toujours fermement son épée, il l’observa en silence, laissant la bataille se poursuivre, profitant du fait qu’il était la dernière chose debout de ce coté du champ de bataille.

La bataille semblait prendre une autre tournure, les Chevaliers et le Paladin semblait gagner du terrain, ils n’étaient plus nombreux, mais ils se battaient avec hargne et vigueur face aux restes de l’armée mort-vivante. Canker observa les échanges, tenant son bras droit à l’aide du gauche, le paladin semblait souvent s’entourer d’une sorte de bouclier lumineux… les coups semblaient alors repoussés comme par magie…

Il ne comprenait pas, sans même chercher à réfléchir d’avantage, il retourna au combat, se tenant à l’écart du paladin et ciblant les chevaliers, avec pour arme un bras étrangement long muni d’une épée et d’un bouclier. Ce fut enfin aux abominations d’entrer en jeu, les deux êtres de chair brisèrent le reste de ligne à grand coup de fendoir, divisant les rangs des Chevaliers. L’une d’entre elle fonça sur le Paladin, celui-ci encaissant un coup de plein fouet et volant à terre avant de se relever aussi vite que possible.

« Vile Engeance ! Brûle dans le feu des Justes ! »

Après avoir hurlé cela, le paladin abattit avec force son marteau au sol, une nouvelle consécration de lumière venant brûler toute créature impie à proximité. Et alors que Canker combattait, il fut pris d’une intense douleur, au niveau des jambes, il tua prestement son adversaire et tomba à genoux. Cela faisait mal, atrocement mal, ce n’était pas magique… c’était la lumière ?

La première abomination, frappée de plein fouet par le coup d’éclat du paladin, tomba au sol dans un gargouillis inintelligible. La seconde fonça et abattit son fendoir avec force sur le Paladin qui tomba de nouveau au sol, il se releva, haletant, une onde de lumière fut projetée avec force de ses mains, telle une boule, et alla s’abattre sur l’abomination, la carbonisant et la laissant inerte à terre.

« TENEZ BON MES FRERES ! NOUS ALLONS TRIOMPHER ! »

Une voix poussive et lente se fit entendre…

« Allez mes serviteurs… débarrassez nous de cette vermine que représente les humains… »

Le Nécromancien se montrait enfin, il leva lentement un bras au ciel, baignant ce qui lui restait de troupe dans un flot d’énergie impie. Cette énergie, Canker la sentait au plus profond de ses os, avec une force retrouvée il repoussa les quelques Chevaliers avec ses camarades, les faisant reculer toujours plus. 

« Toi… Paladin… tu vas connaître le jugement de la tombe… »

Le Nécromancien lança une salve d’ombre sur le lumineux, celui-ci la prenant de plein fouet, à bout de souffle…

« ARGH ! Je… t’emporte… AVEC MOI ! DEMON ! »

Le Paladin lança avec force son marteau vers le nécromant, celui-ci s’abattit de plein fouet, le nécromant tombant au sol, mort sur le coup, tandis que le paladin rendait son dernier souffle.

Et là, quelque chose se passa, Canker ressentit un vide, la vague d’énergie qu’il venait de recevoir s’était brusquement estompée, il fixa d’un air vide les quelques Chevaliers qui fuyaient, ses camarades ne pouvant pas faire mieux. Canker ne comprenait plus rien… que devait-il faire ? Il tenta de faire un pas… l’effort lui sembla si intense qu’il en tomba à genoux, laissant tomber son bras droit à ses pieds et s’appuyant avec mal sur son bras gauche.

La fin ? Déjà ? Il tomba en avant, sa tête heurtant mollement la terre meuble et gorgée de sang. La mort ? Enfin ? Le Repos ? Non… il ne parvenait pas à fermer les yeux, il ne pouvait que rester là, inerte, affalé au sol, privée d’énergie son enveloppe refusait d’avancer, laissant son esprit enfermé dans cette prison d’os. Un retour à la terre… ça, il ne l’avait pas prévu.

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Re: Les origines du Moqueur, de servitude à liberté.

Message par Canker le Mar 2 Fév 2016 - 23:58

Chapitre VI : Le retour d’une vieille connaissance.

Combien de temps était-il resté ainsi ? Un jour ? Une semaine ? Un mois ? Un an ? Il n’en avait aucune idée, depuis la défaite du nécromancien, il n’avait pu trouver la force de bouger, gisant au sol, fixant le village ravagé de ses deux yeux rouges. Les journées avaient donc défilé, Canker perdant toute notion de temps, sa folie meurtrière ayant pris fin avec son manque d’énergie, il parvenait peu à peu à penser à nouveau. 

Des pensées basiques, pour commencer, tel que son nom, sa situation… tout lui revenait peu à peu. Canker, ça oui, il n’avait pas oublié, son nom de famille… non… il ne s’en souvenait pas, pour l’instant. Comment il était mort, ça, c’était encré dans sa mémoire pour de bon, toutefois il ne parvint pas à se rappeler du nom de son village natal. Il s’attacha à des détails insignifiants, passant le temps comme il le pouvait, le temps devenant même une chose futile et abstraite à ses yeux. Toutefois un jour, comme les autres, alors qu’il gisait encore et toujours aux cotés de ses camarades dans cette région dévastée par la mort, à l’écart de toute forme de vie, il entendit comme des bruits de pas.

Deux silhouettes faméliques circulaient parmi les dépouilles, vestiges de l’ancienne bataille ayant secoué cette zone. L’une d’elle se penchait toujours sur les cadavres, tenant un étrange collier d’une main, le passant par-dessus la tête de la dépouille et fixant à chaque tentative une étrange gemme sombre. L’autre quant à elle, une fois la tâche de sa collègue accomplie, se jetait carrément sur les cadavres, fouillant avec flegme et rapidité, grignotant les os. La première silhouette était en fait une sorte d’apothicaire réprouvé, oui, les réprouvés, les insurgés du Fléau, cet apothicaire portait la tenue classique des membres de la Société Royale, accompagnée d’une cagoule. 

La seconde silhouette était en fait une goule à l’œil torve et déjanté, se jetant avec vigueur sur les cadavres délaissés par son compère. D’une carrure supérieure à la moyenne, cette même goule semblait dotée d’une intelligence tout aussi supérieure au vue de ce qu’elle s’apprêtait à dire…

« Yééé… Melvin… tu crois qu’on va finir par le trouver ? »

L’apothicaire se tourna vers la goule, la fixant de ses deux yeux bleus glacés et inexpressifs.

« Bien entendu, Gibs, crétin sans cervelle. Ce cristal nous dira formellement s’il s’agit de lui, tant que nous garderons son médaillon. Et nous ne pourrons mettre notre plan en place sans lui !»

Après avoir répondu cela, l’apothicaire répondant au nom de Melvin se pencha sur un nouveau cadavre, passant le collier au dessus de lui et scrutant la gemme… aucune réaction, il soupira longuement. Cela faisait un an, un an depuis que Sylvanas avait trahi le Roi Liche, créant les Réprouvés, un front d’insurgés mort-vivants, et depuis tout ce temps, Melvin avait arpenté les anciens champs de bataille, cherchant parmi les dépouilles l’objet clé de son plan.

Il arriva finalement au niveau de Canker, s’arrêtant face à lui, et le fixant avec un mélange d’intérêt et de surprise, détaillant ses deux yeux rouges.

« Hmm… »

Il passa un doigt osseux devant ses deux yeux, vérifiant leur mobilité, Canker suivi le doigt sans y montrer grand intérêt, un simple passe temps, il ne comprenait pas à qui il avait à faire ni même ce qu’il pourrait bien faire d’autre.

« Surprenant… quoique… ce n’est pas le seul squelette que je découvre avec un fond de non-vie… Bon… testons… »

Il passa le collier devant les deux yeux de Canker, et murmura quelque chose à son intention.

« Si ce collier t’appartient… tu devrais reconnaître ce nom… Canker ?»

Il scruta alors la gemme qui commença à luire d’un éclat sinistre, teinté de violet et de noir. Canker quant à lui, il ne fit rien de particulier, ça oui, il avait reconnu son nom, que cet apothicaire le connaisse, cela lui semblait surprenant.

« Ah… enfin… nous t’avons trouvé… »

Melvin fit signe à son frère de s’approcher, Canker fixait toujours l’apothicaire, cloué au sol.

« Gibs, nous l’avons enfin trouvé, on va pouvoir passer à la phase 2. Transportons le et filons d’ici, elle n’a pas encore pu nous retrouver, il ne faut pas lui laisser une seule chance. »

Canker n’opposa aucune résistance particulière, ne pouvant rien faire, on lui posa une capuche sur la tête, voilant sa vision, le laissant dans le noir. Il ne vit rien du trajet, mais il avait la certitude d’avoir été transporté sur une grande distance. Puis, il fut arrêté, les déplacements avaient cessé. Il senti qu’on le posait sur une étrange surface plane, et qu’on semblait le sangler… attachant ses poignets, sa taille, et sa hanche.

On lui retira alors enfin sa capuche, il observa lentement autour de lui, bougeant difficilement sa tête, cet effort lui coûtant beaucoup. Il semblait être dans une sorte de… laboratoire, tout était très sombre, le plafond semblait baigné dans les ténèbres, rendant impossible une quelconque approximation de distance. Tout autour de lui, il n’y avait que bocaux… flacons… bassins de formol… tas de viandes en décompositions, des tas d’ustensiles divers…

« Gibs, amène moi les différents ustensiles, et la matière première, nous avons un sujet à expérimenter. »

L’apothicaire se tenait au dessus de Canker, le détaillant d’un air impassible. Celui-ci était entrain de jauger le squelette, regardant l’état des os, puis il s’attarda sur les yeux rouges, les fixant d’un air sceptique.

« Hmm… je vais te débarrasser de ça et te mettre des yeux de ma création. Tu vas être ma chose, Canker, mon jouet. Tu es le sujet N°1, ma première expérimentation, ne t’en fais pas, on va tâcher de te rendre… acceptable.» Murmura Melvin, fixant Canker de son air impassible, sur un ton vicieux.

Un Sujet d’expérience ? Après avoir été le jouet d’un nécromancien, il devenait le jouet d’un Apothicaire ? Bah… au moins, il serait peut être remis sur pied, ne pouvant rien faire, il attendit, laissant libre court à l’imagination débordante de Melvin…

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Re: Les origines du Moqueur, de servitude à liberté.

Message par Canker le Mar 2 Fév 2016 - 23:58

Chapitre VII : Le Moqueur, le Sujet N°1.

« Gibs, prend note je te prie. » souffla l’Apothicaire à son frère, qui semblait gribouiller sur une table avec des gestes assez hasardeux.

Il parcouru brièvement la salle, avec des pas long et langoureux, faisant les cent pas autour d’une table d’opération sur laquelle gisait une sorte de réprouvé… du moins, une chose rafistolée à l’aide de bric et de broc. Le corps était recouvert d’une maigre étoffe de tissu déchiré, sa peau et ses muscles semblaient des plus pestiférés possible. Il arborait deux yeux jaunes vitreux, sur une figure semblant avoir été faite avec un travail des plus précis, des maigres traces de fil et d’aiguilles, on pourrait penser qu’il avait été relevé tel quel. Ses mains étaient décharnées, laissant de longs doigts osseux, il manquait de la peau par endroit, mais le rendu général était saisissant.

« Sujet N°1, Canker. » Melvin marqua une pause.

« Fin de la reconstitution, rendu plutôt correct, le corps semble apte à toute situation, cela nécessite la mise en place d’une série de test. » Il fit une nouvelle pause, laissant son frère écrire.

« Le sujet semble atteint d’aphasie ou d’une forme de paralysie mineure, le rendant incapable de se déplacer ou parler. »

Il s’attarda, fixant Canker, Canker le fixant en retour de ses deux nouveaux yeux, luisant d’un jaune sinistre. Il avait été conscient durant toute l’opération, l’Apothicaire lui ayant constitué un nouveau corps, du moins, rien ne lui appartenait, seul ses os étaient encore « à lui », le reste n’était que matière première ayant été fixée à sa carcasse osseuse.

« La cause semble un manque évident d’énergie impie, le séide ayant été privé du lien avec son ancien maître se voit incapable de faire quoique ce soit. »

Melvin s’arrêta encore, tapotant le crâne chauve de Canker, vérifiant le bon maintient de la peau, tout semblait correct.

« L’emploi d’une potion semble une alternative possible, il restera à obtenir un accord indéniable du patient. »

Canker tiqua sur le mot que venait de prononcer l’Apothicaire… accord ? Il n’eut le temps de se poser plus de question que Melvin lui posa un voile sur les yeux, le plongeant dans le noir total. Il sentit qu’on le déplaçait à nouveau, il semblait quitter la table d’opération, il ne put pas réellement deviner ou il était, mais il semblait assit.

Il resta assez longtemps dans cette position, dans le noir le plus complet, du moins il ne savait pas exactement combien de temps il avait pu être ainsi, mais ça lui sembla une éternité. Puis, d’un coup, on lui retira le voile, ses yeux se retrouvant nez à nez avec la lumière intense d’une bougie. Il était éblouit, ne parvenant pas à s’accoutumer à cette lumière, il entendit une voix qui provenait de derrière lui, mais il lui était impossible de bouger, il était maintenu de force face à cette bougie, et force ou non, il aurait été incapable de bouger outre-mesure.

« Début du test, objectif, rendre sa force au sujet N°1. Nom de la Potion utilisée… hmm… Nous allons l’appeler, Force Euphorique. Voie d’administration, orale, le sujet étant dépourvu de gorge à son arrivée a subit une modification totale de son organisme. »

Melvin s’approcha, se mettant finalement entre Canker et la lumière de la bougie, le fixant avec intérêt, jaugeant son œuvre. Il recommença le même manège que lors de leur première rencontre, suivant le déplacement de ses yeux.

« Le sujet semble avoir conservé son acuité visuelle. »

Sans ménagement il lui colla une bonne gifle, observant l’impact sur la peau et suivant toujours le déplacement des yeux.

« Maintient correct de la peau et du visage, le sujet semble avoir assimilé son nouveau corps. Système nerveux toutefois absent, la reconstitution d’un tel système requiert beaucoup de temps et de travail, pour un rendu inutile. »

Il le fixa encore longuement, dans un mélange de surprise et de plaisir vicieux, comme un enfant testant les limites d’un jouet.

« Début du test de la potion. »

Sans ménagement il lui fit avaler le contenu entier d’une fiole, un liquide verdâtre peu avenant. Et il observa la réaction, s’écartant de la bougie et fixant Canker soudainement éclairé à nouveau par cette vive lumière.

Canker senti de nouveau l’impact de la lumière sur ses yeux, il fut aveuglé pendant quelques secondes, tandis qu’il sentait une étrange sensation de picotement à travers l’intégralité de son corps. Il commença à se débattre avec vigueur, tentant de bouger, mais il semblait sanglé par de lourd poignet de métal à la chaise sur laquelle il reposait.
Il se contenta de se débattre avec force, envahit par une sorte de frénésie inexplicable, comme du temps ou il servait ce nécromancien, puis il commença à ricaner, il découvrit sa voix… sa nouvelle voix, une sorte de rire étouffé et rauque. Il s’agitait frénétiquement sur son siège, voulant se détacher à tout prix et frapper la première chose à sa portée, ricanant comme un dément. L’apothicaire semblait satisfait, il souffla la bougie, plongeant Canker dans le noir, son ricanement comblant le silence.

« Test concluant, il semble que notre potion parvienne à combler le manque d’énergie de notre sujet d’expérience, la prochaine étape, asservissement. »

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Re: Les origines du Moqueur, de servitude à liberté.

Message par Canker le Mar 2 Fév 2016 - 23:59

Chapitre VIII : Asservissement, retour aux sources.

Après la réussite pertinente du premier test, toute cette mise en scène devint vite une habitude, une routine, un évènement évident d’une journée. Canker ne savait pas ou il était, constamment plongé dans le noir, mais il était sûr d’une chose, c’est qu’il allait forcément recevoir la visite de l’apothicaire, et recevoir une potion supplémentaire.

À chaque potion avalée, c’était une nouvelle frénésie sanglante, un sentiment d’euphorie pure et fantastique, accompagné d’une fureur démentielle et inexplicable, d’une envie d’être mauvais, Canker adorait cette sensation, c’était comme avant, comme avec ce nécromancien. Chaque jour il attendait donc la visite quotidienne, remuant frénétiquement ses mains et ses jambes, solidement sanglées à sa chaise par de lourde boucle de fer, pour passer le temps. Il ne pensait qu’à ça, le noir total coupant toute envie d’évasion ou d’imagination débordante, il semblait incapable de se focaliser sur autre chose, il était obnubilé par cette potion. 

L’apothicaire Melvin était satisfait des résultats obtenus, résultats qu’il consignait régulièrement dans ses notes, son expérimentation avançait bien, il avait réussi à redonner de la vigueur à Canker. Ce que Canker ne savait pas, c’est qu’il n’aurait probablement bientôt plus besoin de cette potion. Durant de nombreuses semaines, Melvin avait instauré ce drôle de rituel, consistant à délivrer Canker du noir en allumant une bougie, l’ausculter brièvement, et lui faire ingurgiter cette potion de « Force Euphorique », avant de le replonger dans le noir le plus complet, le laissant à cet état de démence. Il était temps de passer à l’étape suivante.

Il y eut d’abord un jour, un jour au bout duquel, il n’y eut pas de visite, Canker fut perplexe, pensant qu’il avait tout simplement mal considéré le temps. Puis ce fut un deuxième, Canker ne comprenait plus, que se passait-il au juste ? L’apothicaire ne venait plus, il restait assis sur cette chaise, attaché, dans l’impossibilité de voir ni même de faire quelque chose. Cette potion était décidément la SEULE chose qu’il attendait avec un étrange sentiment de plaisir, et tout d’un coup il n’en avait plus ? C’était impensable ! INIMAGINABLE !

Il se sentait abandonné, rejeté, en proie au désespoir le plus total, que pouvait-il faire maintenant ? Il se retrouvait enfermé dans un lieu clos, cet endroit était pire qu’une prison… en fait, c’était sûrement une prison. Un troisième jour passa, toujours pas d’Apothicaire, Canker ne savait pas quoi faire, il eut tout d’abord comme idée d’appeler quelqu’un, mais ses premières tentatives pour émettre un son autre qu’un rire furent peu fructueuses. Avec du temps, il finit par maîtriser cette étrange voix qui était maintenant la sienne, soufflant d’un air rauque un simulacre d’appel au secours, beuglant des mots incompréhensibles et inintelligibles.

Une semaine entière passa, Canker ne pensait plus à rien, il gisait sur cette chaise, son « trône », faisant de lui le roi incontestable des noirs ténèbres de la pièce. Il se contentait parfois de lâcher un cri rauque, ou bien de ricaner, pour combler ce silence atroce et intense qui régnait dans son monde de pénombre. Il devenait peu à peu une sorte de cadavre inerte, sans conscience, un véritable mort, il sentait sa raison défaillir, il se souvenait avec peine de son propre nom, gravissant avec langueur les derniers pas vers le monde de l’inintelligible.

Puis, un jour, il entendit des bruits de pas, longs, discrets, simples. L’apothicaire s’avançait avec aisance dans la pièce, tenant une petite bougie dans sa main, et une fiole dans l’autre, il posa le tout sur la petite table qui faisait face à Canker depuis tout ce temps. Ce dernier la découvrait presque après une éternité d’absence, comme si il avait été aveugle toute sa vie, clignant plusieurs fois des yeux, s’accoutumant mal à cette lueur vive.

« Sombrejour, Canker, alors ? Comment te portes-tu ? Tu as tout ce que tu veux ? » Souffla Melvin, sur un ton ironique, fixant son jouet, de ces deux yeux bleus glacés.

Puis il vérifia de nouveau l’acuité visuelle de son sujet d’expérience, puis la texture de sa peau et la réaction face à la douleur, le giflant avec force.

« Après tout pourquoi je te demanderai cela ? Tu ne sais même pas encore parler. »

Melvin ricana simplement, reprenant ensuite son sérieux, fixant Canker d’un air imperturbable. L’inspectant sous tous les angles, vérifiant l’aspect général, jugeant la qualité de son œuvre. Puis il prit la fiole en main, la mettant en évidence sous la lueur de la bougie, face à Canker qui la fixa avec un grand intérêt, restant immobile.

« C’est ça que tu veux hein ? Alors tout d’abord, je te prierai de m’écouter attentivement. »
Melvin prit une simple inspiration, remplissant ses poumons pestiférés d’air afin de pouvoir parler longuement, le besoin vital d’air étant totalement abstrait pour un mort.

« Je vais commencer par des choses simples. »

« Je t’ai réparé, Canker, tu étais défaillant, tu es maintenant parfait. Tu me dois tout, ce corps, ces yeux, ces mains, ton énergie. MOI SEUL est reponsable de tout cela. »

Melvin marqua une pause, laissant le temps à Canker de digérer cette information, son esprit étant devenu facilement malléable suite à ce sevrage drastique. Il écoutait attentivement Melvin, buvant ses paroles, n’ayant qu’une envie, cette potion.

« Tu vois cette potion ? C’est ce qui te permet de fonctionner, Canker, sans elle, tu n’es Rien. Tu m’as bien entendu ? RIEN. Si tu refuses de prendre cette potion, tu seras de nouveau un cadavre inerte et inutile, tu ne pourras plus jamais te battre, plus jamais marcher ou penser, tu sombreras dans l’oubli. Tu as vite remarqué je pense, que tu n’arrives plus à bouger ni même à penser correctement ? C’est car tu n’as pas pris cette potion. Ne t’en fais pas, je suis quelqu’un qui te veut du bien, je t’ai juste montré l’importance de cette potion, maintenant tu en auras de nouveau tous les jours, comme avant, ne t’en fais pas. »

Melvin marqua une seconde pause, prenant une grande inspiration, laissant Canker comprendre son long discours.  

« Tu n’es rien sans cette potion, et je suis le SEUL capable de te la faire. Je suis ton ami Canker, un grand ami, et donc je pense que tu comprends qu’en tant qu’ami il faut savoir se rendre des services ? Hmm ? Il faut savoir se serrer les coudes, tu vois ? Je vais donc t’expliquer le marché. »

Melvin s’arrêta encore, fixant Canker avec intérêt, Canker quant à lui le fixait avec un mélange d’impatience et de fanatisme.

« Je te ferai cette potion, et toi en échange, tu vas me servir sans poser de question, tu seras comme mon « employé » si tu préfère, je serais ton patron, et tu devras m’obéir aveuglément. M’as-tu compris, Canker ? »

Canker opina brièvement, fixant tour à tour Melvin et la potion.

« Bien, je pense que ça ira pour aujourd’hui. » Souffla Melvin.

Puis sans rien ajouter, il fit boire l’intégralité de la fiole à Canker, soufflant la bougie et le plongeant dans le noir alors qu’il recommençait à s’agiter frénétiquement en ricanant comme un dément.

Melvin avait réussi la première partie de son étape d’asservissement, il recommença l’opération aussi longtemps que nécessaire, conditionnant Canker de diverse façon, son esprit devenant aussi malléable que de l’argile. Sans même comprendre, Canker se faisait asservir, comme la première fois ou il fut asservit par le Nécromancien, cela ressemblait à un cycle sans fin…

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Re: Les origines du Moqueur, de servitude à liberté.

Message par Canker le Mar 2 Fév 2016 - 23:59

Chapitre IX : Canker, Le Moqueur, premiers pas parmi les morts.

« Bien, Canker, voici ton premier petit travail, mais d’abord, tu vas répondre à quelques questions. »

L’apothicaire venait de souffler ces mots avec une indifférence totale, se tenant face à Canker, dans la même pièce habituelle, mais cette-fois, elle était éclairée de toute part. De longs mois avaient passé, Melvin endoctrinant totalement Canker, le conditionnant, pliant son esprit selon ses désirs.

« Comment te nommes-tu ? »

Canker ouvrit lentement la bouche, semblant se concentrer, ricanant en permanence, un étrange rire essoufflé et continu…

« C….Canker… L…Le M…Moqueur… » Souffla t’il entre deux ricanements, d’une voix rauque et éteinte.

« A qui dois-tu allégeance et loyauté ? Qui est ton maître ? »

« L…L’Apothicaire… Le… M…Murloc. »

Melvin opina, satisfait, son asservissement semblait avoir bien fonctionné.

« J’ai quelque chose, pour toi. »

Sans rien ajouter il se dirigea dans un coin de la pièce, ramenant une lourde caisse usée, avec un certain mal, cachant au mieux ses faiblesses devant son serviteur. Puis il l’ouvrit, laissant entrevoir un équipement miteux, usé par le temps et rouillé de toute part. Canker l’observa attentivement, semblant le reconnaître.

« Tu vois ce que c’est ? Canker ? C’est ton ancienne armure, et tes armes. » Souffla Melvin, observant la réaction avec intérêt, puis il ajouta sur un ton ironique.

« Tu m’excuseras, je n’ai pas retrouvé ta chaine en argent dans les ruines, enfin, je ne l’ai pas vraiment cherché. »

Puis il s’approcha de la chaise de Canker, et retira ses liens, soufflant immédiatement d’une voix autoritaire.

« Équipe-toi. »

Canker, sans même le regarder, exécuta la directive immédiatement, s’approchant de la caisse, sortant son armure de milicien, enfilant son veston de maille troué, ses jambières usées, ses bottes de cuir rongées, ses gants miteux. Il passa ensuite ses épaulettes défoncées, il ramassa son bouclier et son épée rouillée, et pour finir, ajusta sa capuche par-dessus son crâne nu, se tournant vers Melvin, attendant le prochain ordre, en bon petit soldat.

Melvin jubilait, il ricana brièvement, appréciant cet instant, son expérimentation était un succès indéniable. Puis il reprit la parole.

« Bien, approche-toi. »
Canker s’approcha, de son pas lent, les bottes de cuir martelant le sol, la maille cliquetant silencieusement sur sa chair et ses os. Melvin lui donna alors un étrange paquet.

« Prend ça. Tu dois le livrer à un de mes camarades de Fossoyeuse, la capitale Mort-vivante. Tu sors d’ici, et tu marches droit devant toi jusqu’à atteindre une route, ensuite tu l’as suit, tu verras les ruines de Lordaeron, Fossoyeuse est en dessous, tu n’as qu’à entrer dans les ruines. Quand tu seras dans Fossoyeuse, tu demanderas l’Apothicarium, et tu iras livrer ceci à l’Apothicaire Keever, une fois ta tâche accomplie, tu reviendras ici, c’est clair ? »

Il fixa Canker de son regard glacé, attendant une réponse, qui ne se fit pas attendre.

« O…oui M…maître… » Souffla Canker avec mal, de sa voix grave, il ne savait pas encore correctement parler, il y a longtemps qu’il n’en avait pas eu besoin.

« Alors vas-y. » L’apothicaire lui désigna la porte qui se trouvait de l’autre coté de la pièce, une porte simple et toutefois rongée par le temps.

Canker se dirigea vers cette dernière et l’ouvrit, le grincement sinistre du bois résonnant dans les restes de la masure. Puis il s’arrêta, portant une main devant ses yeux pour filtrer la lumière qui le frappa soudainement. Il observa avec mal le paysage qui se dressait devant lui… Une terre désolée, abandonnée par les hommes, il y régnait une odeur de cadavre et de peste, des forêts se dressaient au loin, ornées d’arbres morts et arborant des feuilles ternies et sombres. Des créatures autant étranges que pestiférées rôdaient dans ces bois, sorte de chiens morts, de chauve-souris vampiriques, des vers et des larves affamées.

Canker fit quelques pas, passant l’entrebâillement de la porte, la refermant derrière lui. Puis, délaissant le paysage chaotique, il se retourna, observant l’allure de la masure qu’il s’apprêtait à quitter. C’était une ruine, une maison assez large, qui avait souffert des affres du temps et de la peste, le bois était rongé par la vermine, des toiles d’araignées étaient entreposées ici et là. Enfin, il s’en retourna au paysage désertique, se préparant à entreprendre son premier voyage, voyage au bout duquel il n’aurait probablement pas à se battre, cette perspective ne l’enchantait guère.

Il marcha donc droit devant lui, suivant les instructions de son maître, il ne mit que peu de temps à apercevoir la route, il suivit le chemin tout tracé, ne se laissant donc pas dérouter. Il marcha ainsi durant une bonne heure, rencontrant sur sa route un chien mort mal avisé qu’il écrasa sans vergogne d’un heurt du bouclier, ricanant, il croisa aussi d’étranges morts, ils portaient des tenues violettes, des vestons de mailles et des capuches de même couleur. Ceux-ci le détaillèrent brièvement du regard, avant de continuer leur marche, l’échange n’ayant duré qu’une demi-seconde. Les ruines de Lordaeron pointèrent enfin à l’horizon, pâle reflet d’une gloire passée, Canker s’engouffra par l’entrée, arrivant au centre de ce qui fut autrefois l’entrée de la cours de la ville. De là, il atteignit la salle du trône…

Il s’arrêta, l’air interdit, observant autour de lui… cette salle était intact, il trouvait ce maigre détail tout simplement fascinant, pourquoi diable, alors que la ville entière est en ruine, cette salle était elle encore à l’état neuf ? Toutefois il n’en oublia pas son objectif, Melvin lui avait longuement parlé de Fossoyeuse, cette ville construite sous les ruines de la ville de Lordaeron. Il s’engouffra dans une alcôve, suivant des couloirs étroits et sinueux, il croisa un cercueil de pierre mais ne s’attarda pas, il suivit de nouveau un nouveau couloir, et il tomba nez à nez avec deux abominations, qui se dressaient devant une porte qui semblait s’ouvrir à intervalle régulier, laissant passer parfois des personnes, parfois, justement, personne.

« Bueheurff… Mort… capuchon… » Gargouilla une abomination, fixant Canker, alors que l’autre semblait concentrée dans une intense activité qui consistait à fixer ses trippes.

« C’est par là… qu’on descend à Fossoyeuse… Camarade ? » Souffla Canker, fixant son… interlocutrice.

L’abomination le fixa un moment, interdite, puis grogna un semblant de… ouais ? Canker n’en demanda pas plus, se glissant entre les deux abominations alors que la porte s’ouvrait, elle se ferma derrière lui, le bloquant dans une sorte d’espace fermé. Il n’eut le temps de demander le pourquoi du comment que la plateforme sur laquelle il reposait chuta soudainement. Il parvint à se maintenir debout de justesse, alors que la plateforme s’arrêtait net, une porte s’ouvrant face à lui, il se précipita dehors, manquant de peu de s’offrir un second tour dans cette machine infernale.

Il fit quelque pas, et contempla l’immensité de la ville mort-vivante, c’était un vaste réseau sous terrain, les morts affluaient ici et là, eh pourtant… aucun ne semblait prédisposé à se battre, Canker fixait ce spectacle d’un air interdit. C’était ça ? Les morts-vivants de maintenant ? Des pâles répliques d’une vie humaine ? Mais ou était donc le coté sans pitié et violence gratuite ? Canker secoua la tête, à la limite d’un blasement total, sans même chercher à explorer la ville, il demanda l’Apothicarium et se dirigea vers celui-ci, empruntant un pont pour échapper à un canal à la couleur peut engageante.

Il entra dans l’apothicarium, observant une ambiance plus « familière » et plus « mort-vivante » à ses yeux, voyant des humains en cage et des cadavres ici et là, il demanda l’Apothicaire Keever, et ce dernier se présenta à lui.

« Tu demandes Keever, Keever il vient répondre à ta demande. Tu as quoi à dire ou à donner à Keever ? »

Canker le fixa un instant, perplexe… il était dérangé cet apothicaire ou ce n’était que son imagination ? Sans chercher à comprendre d’avantage il lui tendit le paquet, soufflant :

« De la part d..du Murloc. »

« Oh, bien, parfait, Keever te remercie pour le paquet que tu donnes à Keever, tu transmettras les remerciements de Keever à ton maître, Keever voit que son expérience marche, et elle marche bien. » Souffla Keever, prenant le paquet en hochant la tête.

Puis ce dernier se détourna de Canker, s’en retournant vers une cage, l’humaine enfermée pleurant de terreur en le voyant arriver. Canker n’attendit pas son reste, quittant la ville aussitôt et retournant à la masure, prêt à remplir une nouvelle mission, un bon petit soldat.

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Re: Les origines du Moqueur, de servitude à liberté.

Message par Canker le Mer 3 Fév 2016 - 0:00

Chapitre X : Malkin, une source de haine idéale.

Canker eut l’occasion de faire plus d’une livraison, son tout premier travail ayant pour but d’assurer une ligne de livraison sûre entre Le Murloc et la Société Royale des Apothicaires de Fossoyeuse. Il n’était pas plus intéressé que ça par les manigances réprouvées, tout ce qui lui importait, c’était d’obtenir sa potion, et de servir l’apothicaire.

Il attendait donc, adossé dans un coin de la masure sombre, ricanant sans cesse, jetant de bref regard autour de lui. Le Murloc s’affairait dans un coin de la pièce, se tenant face à une table recouverte de flacons en tout genre et d’instrument alchimique, c’est là qu’il passait le plus clair de son temps. Il s’arrêtait parfois pour sortir une sorte de journal, et y griffonner une ligne ou deux, dans ce journal, il y avait probablement l’essentiel de ses plans, de ses objectifs, mais Canker n’y faisait pas plus attention. Il posa son regard dans un autre coin de la pièce.

On pouvait y voir un spectacle assez intriguant, une goule, Gibs, le frère ou l’associé de Melvin, ça Canker n’en savait pas plus, était en plein moment de créativité. Il s’agitait sur une table recouverte de poudre, usant de divers matériaux, semblant créer des choses volatiles et hautement inflammables, des bombes en parties. Il se tournait fréquemment vers Le Murloc, lui soufflant un piaillement bref, parfois incohérent, celui-ci lui répondant d’un geste agacé.

L’atmosphère de cette masure semblait assez insolite, on y voyait deux sortes de génies entrain de s’affairer avec vigueur, et on pouvait voir une sorte de soldat conditionné en faction, dans un coin, ricanant sans cesse, attendant ses directives. Le Murloc mit vite fin à cette situation, se détournant de son plan de travail, fixant Canker et s’approchant.

« Je songeais à une chose, Canker, est-ce qu’il y a quelqu’un que tu détestes en particulier ? » Souffla l’apothicaire, le fixant de son regard gelé avec une légère malice.

Canker ne mit pas longtemps à répondre, soufflant d’une voix rauque entre deux ricanements.

« Non, maître, Le Moqueur ne déteste personne en particulier, il est juste constamment en colère sans savoir pourquoi. »

« Je vois. »

Le Murloc s’en retourna à son établi semblant réfléchir, il savait que sa potion enrageait fréquemment son sujet, il fallait trouver une source capable de monopoliser cette rage, afin d’éviter un retournement soudain des plus fâcheux. Il fouilla alors son établi, cherchant quelque chose en particulier, ouvrant des malles usées, déroulant des parchemins. Puis, il sembla trouver ce qu’il cherchait, il le prit en main, prit une potion sur son plan de travail et s’en retourna vers Canker, il avait trouvé la personne idéale pour être la source de toute sa haine, et cela servirait sans conteste son plan.

« J’ai trouvé la source de toute ta haine, Canker. » Souffla Melvin, prenant un ton faussement grave.

Canker fixa son maître, perplexe, attendant simplement la révélation, il était toujours en colère, toujours envahit d’une rage dure à maîtriser, ce qu’il ne savait pas c’est qu’elle provenait de la potion qu’il ingérait sans cesse, ce qu’il s’apprêtait à savoir par contre, cela allait dépasser son entendement.

Melvin déroula un étrange parchemin usé, dévoilant ce qui semblait être une ancienne peinture représentant une jeune femme au sourire simple, se tenant dans une forêt. Canker fixa la jeune femme ainsi représentée, celle-ci lui évoquant un visage familier, il ne savait plus pourquoi, il était persuadé de connaître cette personne, mais son nom ne lui venait plus à l’esprit.
[url=<a href=http://www.servimg.com/image_preview.php?i=84&u=13753498 src=http://i45.servimg.com/u/f45/13/75/34/98/malkin11.jpg][/url]

« Cette femme, se nomme Malkin, Mère Malkin, te souviens-tu d’elle Canker ? » Souffla Melvin, sur un ton vicieux.

Canker sembla interdit un instant. Malkin… Mère Malkin… il était persuadé de connaître ce nom, mais pourquoi ? Qui était cette femme ? Il porta une main à sa tempe, ricanant encore et toujours, ça aussi il ne savait pas pourquoi, mais il ne pouvait s’arrêter de rire. Il se lança dans une intense réflexion, remontant peu à peu le temps, ressassant ses actes passés. Puis, d’un coup, tout fut clair, il savait.

« Je m’en souviens. C’était ma femme. » Souffla Canker, d’un ton rauque, reprenant son ricanement, fixant Melvin.

Melvin lui, opina d’un air entendu, son plan marchait à la perfection, il reprit donc d’une voix simple.

« Eh bien, c’est exact, c’était ta femme, c’est une morte tout comme toi maintenant. »

Il poursuivit de plus belle alors que Canker allait poser une question, l’interrompant.

« Je t’ai déjà dit, ne pose jamais de question. » Souffla-t-il d’un ton sec, le fixant durement.

Canker obéit à l’ordre, restant silencieux, alternant un regard entre Melvin et la peinture.

« C’est donc bien cela, il s’agit de ta femme. Elle est morte elle aussi, maintenant, tout comme toi, elle a été réanimée. C’est à cause d’elle, tout ce qui t’arrive, c’est elle la responsable de ta rage, elle a volé ta vie, Canker, elle a commis des actes abominables, cette femme est un démon. C’est elle, que tu déteste, Canker, tu as compris ? »

Ne laissant pas à Canker le temps de répondre, il lui fit boire de force le contenu de sa potion, puis il lui colla la peinture sous les yeux, l’immobilisant contre le mur, faisant preuve d’une force étonnante. Il reprit son endoctrinement, profitant de l’effet de la potion pour inclure une nouvelle condition à l’esprit tourmenté du Moqueur.

« Tu détestes Malkin, Canker, car elle veut du mal à tous le monde, à toi comme à moi. Tu l’as aimé, mais tu ne l’aimes plus, quand tu es en colère et que tu as envie de frapper quelqu’un, c’est elle que tu veux frapper, personne d’autres, durant toutes ces années, tu ne t’es battu que dans l’espoir de pouvoir un jour te venger d’elle. »

Melvin repris une brève inspiration, maintenant Canker contre le mur, face à cette peinture, ce dernier ne voyant rien hormis cette femme.

« Quand tu bois cette potion, la force qui t’ai donnée est celle que Malkin t’a prise, l’envie de rage vient de l’envie de te venger, le rire vient du jour ou tu auras réduit Malkin elle aussi à un état d’impuissance total. Tu détestes Malkin de toutes les fibres pestiférées de ton corps. Tu m’as compris ? »

Melvin lâcha simplement Canker, s’écartant de ce dernier, le laissant digérer l’information, celui-ci fixant toujours la peinture, l’image semblant s’inscrire ou plus profond de son esprit, Malkin était une personne mauvaise, l’origine de son malheur, il avait compris.

« Oui. » Souffla-t-il simplement.

« Bien, je suis content que tu comprennes. Mère Malkin est un être mauvais, elle est dangereuse, et c’est à cause d’elle tout ce qui nous arrive, à toi comme à moi. Actuellement, elle cherche à nous faire du mal, nous n’allons pas nous laisser faire, tu m’entends ? Nous allons nous battre contre elle, et la réduire à l’impuissance, ensuite, elle nous servira. Tu as compris ? »

Canker hocha la tête, ricanant, frappant le mur avec force, faisant trembler les fondations dévastées de la masure.

« Parfait, mon plan fonctionne. Bientôt, l’étape 4. » Murmura Melvin, se détournant de Canker, allant probablement noter son avancée dans son journal.

Son plan, depuis le début, semblait de se venger de Mère Malkin, cette femme cinglée, qui, maintenant, était une forte tête des réprouvés. Elle avait été recensée à Fossoyeuse, comme une sorcière noire surprenante, ayant été une des premières à suivre la Dame Noire. Elle aussi, elle cherchait à se venger, elle traquait Melvin depuis de longues années, se heurtant sans cesse à des chimères, l’Apothicaire semblant bien réussir à la mettre en déroute à chaque fois. Bientôt, tout prendrait fin, la course à la vengeance serait terminée, et celui qui allait pouvoir mettre fin à cela n’était nul autre que Le Moqueur.

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Re: Les origines du Moqueur, de servitude à liberté.

Message par Canker le Mer 3 Fév 2016 - 0:00

Chapitre XI : La fin d’une vengeance.

« Bien, Gibs, tu es prêt ? » Souffla Le Murloc, finissant de prendre quelques affaires sur son établi, celui-ci semblant bien vide.

« Presque… Yéééé… une minute ! » Piailla son frère en réponse, remballant son équipement, gobant tout ce qui passait à portée, avalant une dose importante de dynamite…

Cette agitation était signe de départ, la masure avait été progressivement vidée, Le Murloc était resté trop longtemps à un point précis, il devait bouger, sinon Mère Malkin le trouverait. Canker attendait, adossé dans un coin, ricanant, fouillant parfois sa besace, vérifiant son nombre de potion.

« Bien, Canker, approche. » Souffla Le Murloc d’un ton sec.

Canker s’exécuta, se postant devant l’Apothicaire, le fixant. Celui-ci lui montra un étrange anneau, composé d’un assemblage d’argent et d’acier, il semblait luire d’un éclat bleu glacé.

« Ceci est un petit cadeau. Avec cette bague, toute personne t’ennuyant ou s’attaquant de trop près à ton bras droit se fera immédiatement geler sur place. Un ami arcaniste me l’a confié. »

Sans même lui laisser le temps de répondre, Le Murloc se saisit du bras droit du Moqueur et lui passa la dite bague au doigt, ne scellant pas là un mariage bien entendu, mais plutôt un pacte d’asservissement définitif. Canker sentit un petit picotement, provenant de la bague, celle-ci dégageait une sorte d’aura de givre, engourdissant son doigt.

« Bien, mettons nous en route, nous allons suivre un itinéraire précis, Canker, tu nous suivras de loin, à l’abri des regards. »

Les préparatifs achevés, ils quittèrent la masure, Gibs sortant en premier en piaillant nerveusement avant de faire silence, Le Murloc le suivant de près, une lourde besace pleine d’ustensiles d’alchimie sanglée à sa taille. Canker ne mit pas longtemps à les suivre à son tour, laissant une distance raisonnable afin de ne pas être vu avec eux. Ils devaient se rendre dans une nouvelle « planque », Le Murloc après quelques recherches ayant entendu dire que Mère Malkin, était présente en ce lieu, il avait pour intention de s’établir non loin, et de lui tendre un piège dés la première possibilité, la traque commençait dés maintenant.

Ils marchèrent ainsi durant plus d’une heure, traversant les plaines et forêts dévastées de Tirisfal, cherchant comme lieu de planque un caveau abandonné depuis longtemps par ses propriétaires, caveau n’ayant pas été gardé par le Fléau, étrangement. Canker gardait constamment une longue distance entre lui et son maître, se tapissant parfois dans les fourrées pour éviter d’être vu en sa présence, laissant croire que l’Apothicaire voyageait seul sans escorte si ce n’est sa goule de frère.
Ils n’avaient pour l’instant rencontré aucune personne mal avisée, ou brigand de grands chemins, voire un reste de troupes du fléau, le voyage se déroulait sans encombres.

Le Murloc et Gibs s’avancèrent dans ce qui restait d’une clairière autrefois fleurissantes, parcourant des étendues flétries et mal famées, jusqu’à ce qu’un étrange mouvement se fasse ressentir dans un talus. Un simple bruissement de feuille, pour commencer, Gibs piailla à l’intention de son frère, désignant la butte d’herbe. Un second bruissement, Le Murloc se recula brièvement, portant une main sur l’épée de très bonne facture qui était sanglée à sa ceinture, il n’avait aucune formation pour manier ce type d’épée, mais il pourrait probablement tenir durant les quelques secondes qui le séparaient de l’arrivée de son serviteur.

Un troisième bruissement, puis, simplement, une sorte de crâne flottant paresseusement, fit irruption à travers les fourrées, observant les deux d’un regard orné de deux lueurs sombres et noires. Le Murloc observa cette curiosité de son regard gelé, tandis que Gibs piaillait d’un air mauvais à l’encontre de cet intrus importun.

« Garde ton calme Gibs. » Souffla Le Murloc.

« Ce n’est peut être qu’un sort lancé par un réprouvé de passage, ou un reste de l’armée du fléau, il n’a pas l’air dangereux, si il ne nous veut rien on le contournera simplement et on reprendra notre chemin. » Souffla-t-il encore, jetant un bref regard derrière lui, pour voir où se trouvait Canker. 

Le crâne s’approcha lentement des deux, flottant avec une lenteur exagérée, fixant en particulier Le Murloc, semblant le jauger. Puis, il se posta devant Gibs, à quelques pas, le fixant avec insistance.

« Yééé… tu me veux quoi sale crâne ?! » Piailla Gibs en essayant de le chasser d’un geste dédaigneux, comme si il aurait voulu chasser une mouche.

Gibs n’eut le temps de poursuivre son manège qu’il fut soudainement envoyé au sol par une violente déflagration d’ombre, un trait noir s’étant abattu sans crier gare sur lui. Il essaya de se redresser, mais il n’y parvint pas, se contentant de maugréer au sol, sonné. Le Murloc essaya de voir qui avait bien pu lancer ce sort, cherchant le responsable depuis l’origine de ce choc soudain, il s’attarda sur une étrange silhouette qui semblait marcher vers sa direction, le crâne semblant la fixer, ignorant royalement Gibs. Le Murloc plissa les yeux, cherchant à voir plus précisément, puis, il eut un mouvement de recul précipité, venant de reconnaître cette personne.

« Je te trouve ENFIN ! PLEUTRE ! » Hurla la silhouette, s’approchant en semblant rire d’une voix sinistre.

« Mère Malkin. » Murmura Le Murloc à lui-même, prenant son épée en main, se tenant piètrement dans un simulacre de posture défensive.

« Ne me fait pas rire d’avantage, vermisseau ! Dans la vie tu n’étais qu’un minable, dans la mort c’est également le cas ! Cette fois je vais l’avoir, ma vengeance ! Tu vas me payer cette vie que tu m’as volée autrefois, cloporte ! » Brailla t’elle avec vigueur, pointant un doigt osseux vers son interlocuteur.

Mère Malkin sorti enfin de l’ombre, se tenant non loin de cet étrange crâne, qui fixait maintenant Le Murloc de ses deux lueurs sombres formant ses yeux. Elle portait une tenue noire et sinistre, formée d’un tissu fin et délicat, une tenue semblant dégager une énergie ténébreuse capable de courroucer le plus fervent défenseur de la lumière. Son corps avait souffert des affres du temps, sa chair était décomposée, ses os semblaient fragiles, sur le point de rompre, sa peau était d’un vert morbide.
Elle arborait une mâchoire étonnamment bien conservée, elle avait sûrement dû s’en procurer une nouvelle, le travail avait été fait avec le plus grand soin, lui assurant une parole juste et un charisme assez controversé. Toutefois, sur ce visage rongé par la haine, deux choses semblaient manquer, ses deux yeux n’étaient plus, laissant un vide noire au creux de deux orbites entaillées, elle s’était arraché les yeux ? Le Murloc avait du mal à le croire, jusqu’ou cette soif de pouvoir pourrait bien la mener ?

« Je présume… que parler… d’abord, ne vous convient pas, très chère ? » Souffla Le Murloc d’une voix mielleuse, cherchant à gagner du temps jusqu’à l’arrivée de Canker.

« Suffit ! Trêve de belles paroles et de comportement digne d’un nobliau ! Cette fois-si personne ne te sauvera ! » Hurla t’elle, le frappant de plein fouet avec une nouvelle salve d’ombre, l’envoyant valser au sol.

Le Murloc se releva, étourdit par ce violent choc, fixant Malkin.

« Un instant, laisse moi au moins me préparer à mourir dignement. » Souffla-t-il, fouillant dans sa besace.

Mère Malkin le laissa faire, ne le fixant pas, seul cet étrange crâne semblant le fixer avec intérêt. Le Murloc nota silencieusement ce détail dans sa tête, cherchant une potion pouvant lui faire gagner quelques instants. Il trouva finalement une fiole au liquide rouge flamboyant, silencieux il l’a sorti soudainement de sa besace et la lança avec vigueur sur Malkin. Celle-ci, d’un geste, n’ayant même pas fixé l’objet, l’envoya valser plus loin, la fiole se brisant et libérant une gerbe de flamme.

« Tu pensais sincèrement m’avoir avec ça ? » Souffla-t-elle, riant à gorge déployée.

« Mettons fin à cette mascarade. »

« CANKER ! MAITENANT ! NEUTRALISE-LA ?! » Aboya Le Murloc, voyant son serviteur arriver au pas de course.

Celui-ci se jeta sur elle, l’envoyant à terre dans un violent heurt de bouclier, celle-ci s’effondrant. Et alors qu’il s’apprêtait à la frapper une nouvelle fois, elle tendit la main vers lui, le repoussant dans un choc d’ombre, l’envoyant au sol. Canker fut parcouru par une vive douleur au torse, ses côtes semblant vibrer, comme si elles allaient exploser, puis la douleur disparue progressivement. Il se releva, fixant Malkin qui se tenait elle aussi debout, fraîchement remise de cette rencontre incongrue avec un pavois en métal. Le crâne se tenait à coté d’elle à présent, flottant au niveau de son épaule, lui aussi semblant dégager une légère aura d’ombre, fixant Canker.

« C’est donc toi, Canker ? Toi aussi… tu es mort ? » Souffla Malkin, surprise.

Canker ne répondit pas, chargeant à nouveau son adversaire, celle-ci le repoussa d’un geste, une nouvelle salve d’ombre venant le frapper de plein fouet.

« Tu n’as pas changé… tu es toujours aussi buté ! » Hurla-t-elle sous l’effet de la colère.

« Canker, vise ce foutu crâne ! » Brailla Le Murloc, se tenant en retrait, observant sa création, espérant qu’il la débarrasserait de cette folle furieuse.

Canker se releva, se tenant avec mal sur ses jambes, puis il fixa le crâne, qui le fixait en retour. Ils étaient assez éloignés, il ne pourrait pas le charger sans subir une nouvelle salve, il devait trouver un moyen de l’atteindre à distance. Il se concentra, tenant fermement son épée, fixant le crâne, Malkin restant immobile, semblant chercher elle aussi à comprendre son action. 

« ALLEZ ! TUE LE MAINTENANT ! » Hurla Le Murloc, distrayant brièvement Malkin qui tourna la tête vers lui.

Canker lança dans un geste précis son épée, la lame fendant l’air et venant finir sa course fulgurante en se fichant dans le crâne, l’envoyant à terre plus loin. Alors, Malkin qui se tenait bien droite commença à chanceler, elle semblait avoir perdu ses repères, se tenant sur ses jambes en tournant la tête dans tous les sens, semblant chercher ses assaillants.

« RAH ! Où es-tu lâche ?! » Brailla t’elle, lançant une salve dans le vide.

Canker n’attendit pas qu’elle se ressaisisse, il chargea, et l’envoya à nouveau à terre dans un heurt du bouclier. Puis il se baissa et commença à la saisir avec son bras droit, son anneau commençant à luire faiblement d’un aura bleuté tandis que le sol semblait se refroidir sous Malkin. En quelques secondes, sans comprendre comment, Canker avait formé une étrange couche de glace sur laquelle Malkin était prise au piège.

« Libère-moi ! Je dois accomplir mon œuvre ! Laisse-moi ! » Hurla t’elle, tournant sa tête en tout sens sans parvenir à voir Canker, semblant aveugle depuis la perte du crâne.

Alors, Canker pris enfin la parole, soufflant délicatement ses mots d’une voix rauque.

« Silence… démon. »

En réponse, Malkin commença un semblant d’incantation, psalmodiant, Canker mit immédiatement fin à cette mascarade, lui assénant une violente droite.

« FERME-LA ! » Hurla-t-il. 

Etourdie, Malkin resta silencieuse, cherchant un moyen de se libérer et de reprendre la situation en main. Toutefois elle n’eut le temps de faire quoique ce soit qu’elle sentit la main de Canker qui semblait serrer sa gorge.

« Silence ! Il suffit… tu n’utiliseras plus cette magie corrompue… »

Sur cette phrase énigmatique, il se saisit brusquement de la partie inférieure de sa mâchoire, et tira un coup sec. L’on put entendre un bruit sourd précédé d’un hurlement devenant semblable à un gargouillis, un reste de mâchoire suintant gisant dans la main de Canker.

« Je te déteste… » Souffla-t’il avant de lui asséner un coup de sa main libre.

« JE TE HAIS ! » Il lui asséna un nouveau coup, jetant sa mâchoire au loin.

« Tu m’as volé ma vie ! JE TE HAIS TU M’ENTENDS ?! »

Il commença à la ruer de coup, ricanant comme toujours, un rire rauque et saccadé, laissant libre cours à sa rage frénétique, le visage de Malkin commençant à perdre forme alors que celle-ci se débattait sans ne rien pouvoir faire. Toute incantation lui était impossible, sans mâchoire et face à cette volée, elle ne pouvait que subir.

Un long moment passa, la clairière ayant retrouvé un silence relatif, ponctué par des coups sourds et répétés.

« Canker… ça suffit, arrête. » Souffla Le Murloc, s’approchant enfin.

Canker se releva, délaissant le corps ravagé de Malkin, rouée de coups et gelée sur place, elle faisait peine à voir. Cette folie furieuse qui l’avait habité avait laissé place à du désarroi, son visage était figé sur une expression de douleur et de surprise, elle était perdue, déboussolée. Le Murloc s’approcha, se penchant sur elle et la fixant de son regard impassible.

« On dirait que finalement, c’est moi, qui vais avoir ma revanche, Mère Malkin. » Souffla-t’il sur un ton mielleux, se redressant.

Cette escarmouche avait duré quelques minutes, et c’est en quelques minutes qu’un conflit datant de plus de 10 ans venait de prendre fin, Le Murloc avait gagné, et il avait gagné un nouveau jouet.

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Message par Canker le Mer 3 Fév 2016 - 0:00

Chapitre XII : Agent de Terrain.

Après sa victoire, Le Murloc ne perdit pas un instant de plus, sa pire menace réduite à néant, il avait le champ libre pour réaliser son plan, son vrai plan. Il réserva le même sort, que Canker avait subit, à Malkin, l’asservissant aussi et la réduisant à l’état de marionnette sans volonté. Son conditionnement avait bien marché, trop bien marché, Canker détestait Malkin et était pris d’une rage incontrôlable à la vue de sa moitié. Le Murloc dû se résigner à les séparer autant que faire se peut, lâchant la bride de Canker et lui laissant un peu plus de liberté.

Le couple ne fut pas longtemps les seuls cobayes de cet apothicaire dément, bientôt, ce fut quelques sujets supplémentaires qui vinrent combler les rangs. Le Murloc se dressait une véritable armée d’esclave, il ne tarda pas à passer de plus en plus d’accord avec des personnes douteuses, ici et là. Son réseau de contrebande prenait forme, et l’argent n’allait pas tarder à poindre, Canker se voyait confier des tâches plus délicates, il était l’agent de terrain principal, celui chargé d’aller chercher le matériel demandé. Ils avaient tous un rôle à jouer, Canker lui jouait un rôle adapté à ses prédispositions pour le combat.

Sa mission était simple, récupérer un coffret dans un village humain en ruine, en Tirisfal. Un noble réprouvé véreux, souhaitait s’approprier ce coffret, trésor du village, il offrait une somme généreuse pour un tel caprice, Le Murloc commerçait avec tout et rien, dans le simple but d’amasser des profits.

Le Moqueur arriva donc à l’entrée de ce village, ricanant, arborant son armure miteuse habituelle et son pavois de l’alliance, guettant tout signe de vie. Tout semblait désert, étrangement, quelques bâtisses avaient survécu aux ravages du temps, Canker s’avança lentement, pavois en main, l’autre sur la garde de son épée. Il se dirigea vers les ruines de l’hôtel de ville, qui se dressait en une pointe sinistre sur ce paysage dévasté, tout semblait bien trop calme…

« Un mort en approche… tenez vous prêt… » Murmura un homme vêtu d’une armure de maille rougeoyante.

A son ordre, deux autres hommes se tinrent en positions, arborant des armures du même type, portant des tabards représentant des flammes rouges sur un fond blanc… la croisade écarlate. Ces hommes téméraires et zélés se dressaient on ne sait pourquoi face aux morts-vivants de Tirisfal, dernier rempart de l’humanité sur cette terre désolée, bien triste rempart.

Canker arriva sur les premières marches, les gravissant en ricanant, gardant son bouclier bien devant lui, ralentissant son allure, il avait entendu un craquement, venant de l’intérieur, il ne savait pas ce que c’était, mais si c’était un ennemi, il allait très bien le recevoir. Il fit encore quelques pas, s’approchant du seuil, se préparant à entrer lorsque.

« ALLONS-Y ! POUR LORDAERON ! »

Après ce cri rauque, les trois hommes sortirent de leurs cachettes respectives, arrivant sur le seuil et chargeant comme un seul homme le mort qui se dressait déjà sur ses appuis, bouclier levé droit devant lui. Ils se heurtèrent lourdement à ce rempart de chair et d’os, celui-ci semblant tenir cette ligne fictive qui le séparait d’une chute dans les deux trois marches derrière lui.

Sans plus attendre, Canker fit un pas lourd en avant, décrivant un heurt latéral vers ses trois opposants, le pavois fendant l’air. Il s’abattit avec force sur le crâne de l’humain qui fut le plus lent, celui-ci tombant à terre dans un râle, le choc lui ayant brisé la nuque. Aussitôt son acte accompli, Canker se remit sur la défensive juste à temps pour parer deux nouvelles attaques des survivants, ceux-ci décidèrent de reculer, fixant le mort dans un mélange de rage et d’incompréhension.

Canker resta immobile, bouclier levé devant lui, épée en retrait, il attendait, fixant les deux en ricanant. Ils se tenaient là, tous trois sur l’entrée, séparés par le corps d’un compagnon un peu trop lent, le temps semblait ralentir, personne n’osait prendre l’initiative, ils se fixaient, silencieux, si ce n’est ce ricanement qui comblait le silence. Puis, l’un des deux hommes se décida à rompre ce calme, chargeant le mort, envoyant son épée se briser contre son bouclier. En réponse, Canker, qui venait de bloquer dans un geste simple, retira son bouclier pour faire place à son épée, qui dans un coup d’estoc fulgurant alla finir sa course dans le ventre de son adversaire.

« ARGH ! C… c’est im…impossible… » Grogna l’éventré, dans un dernier souffle, s’effondrant parterre dans un râle.

Ils n’étaient plus que deux, Canker se replaça lentement, fixant le dernier survivant, celui-ci en réponse à ses ricanement le fixait d’un air haineux. De nouveau, le temps sembla ralentir, toutefois, l’homme se mit à parler, fixant Canker.

« Tu crois pouvoir m’avoir aussi facilement hein ? Monstre. Tu vas être bien surpris, quand je t’enfoncerais mon épée au travers de la gorge, tu ne riras plus autant. »

Canker écouta, incrédule, bon sang, mais il parlait en quelle langue cet humain ? Se pourrait-il qu’il ait voulu insulter sa défunte mère ? Il n’en avait sincèrement aucune idée, et en fin de compte, il s’en foutait royalement, tout ce qu’il devait faire, c’est le tuer. 

Le survivant chargea à son tour, frappant droit sur le bouclier avant de reculer, esquivant la même contre-attaque que Canker avait décrit précédemment, visiblement, ce combat allait être plus long. L’homme se lança à nouveau, toutefois, cette-fois si, cela sembla être une feinte, il taillada vers la gauche pour finalement reculer et s’attaquer à la droite. La manœuvre rencontra un échec cuisant, l’épée heurtant une fois encore le bouclier, ce mort semblait identique à un mur. L’humain ne se débina pas, et recommença, cette fois-si, il y eut une contre-attaque de la part de Canker, qui frôla l’épaule de l’écarlate. Il recula prestement, fixant le mort, il ne savait pas vraiment comment s’y prendre, Canker de son coté, commençait à trouver le temps long. 

L’homme s’arma de courage, et convergea une fois encore vers le mort, tentant un coup d’estoc. Etrangement, Canker retira son bouclier, laissant l’épée s’enfoncer longuement dans son torse, l’homme était surpris, il fixa Canker, qui ricanait comme un dément, se trouvant à présent si près qu’il pouvait sentir cette odeur infecte de putréfaction. Canker attrapa alors l’homme à la gorge, celui-ci n’ayant eu le temps de retirer son épée, il n’avait compris que trop tard l’idée de Canker, il était pris au piège.

Canker souleva l’homme avec son bras gauche, l’étranglant et empêchant ses pieds de toucher le sol. L’écarlate se débattait, donnant des coups de pieds et de poings là ou il pouvait, ayant lâché son épée qui était restée figée dans le torse du mort. Canker encaissait, silencieux, serrant toujours plus la gorge de sa victime, victime qui se débattait toujours plus. Le temps ralentissait peu à peu, tout devenait long, langoureux, les coups de pieds étaient moins fréquents, les coups de poings devenaient absent, bientôt, ce ne fut plus que soubresaut désespéré… puis… le calme.

Canker jeta la carcasse défunte au sol, observant brièvement le résultat final. Trois hommes étaient allongés là, morts, tous avec une expression d’horreur intense, il était grisé. Il pris finalement le temps de retirer l’épée de son torse, l’observant brièvement, puis la jetant parterre, il entra enfin dans l’édifice, la voie semblant libre.

Il ne mit pas longtemps à trouver le coffret, celui-ci trouvé, il retourna immédiatement le donner à son maître, sa tâche étant accomplie, il n’avait plus qu’à en attendre une autre, après tout, que pourrait-il bien faire d’autre ?

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Re: Les origines du Moqueur, de servitude à liberté.

Message par Canker le Mer 3 Fév 2016 - 0:01

Chapitre XIII : Le Muet, une personne sur qui il ne vaut mieux pas compter.

« J’aurai du opter pour une approche plus… diplomatique. »

Le Moqueur se tâta les côtes, grimaçant brièvement, ses os semblant trembler de toute part alors que des arcs électriques circulaient encore dans sa cage thoracique. La douleur… il la redécouvrait à chaque affrontement contre la magie, et cela ne faisait qu’augmenter son aversion pour cette discipline.

Il osa une œillade par-dessus sa cachette, se redressant légèrement, s’appuyant sur le rocher derrière lequel il était dissimulé et accessoirement affalé.

« Rah… ils sont tenaces ces salopards de sauvages… »

Il s’affala de nouveau contre la roche alors que le groupe jetait un œil vers sa position. Des centaures, ils étaient là, scrutant la plaine désolée et morbide, jonchée de squelette et autres joyeusetés délaissées par les Kodos et autres créatures de la région… Désolace… cet endroit portait bien son nom. Canker porta de nouveau une main à ses côtes… elle le faisait souffrir… comme quoi son corps avait donc une limite ? Il avait du mal à y croire. Il posa son épée et son bouclier contre la roche, saisissant son arbalète, un mécanisme simple et élégant, fait d’un bois tout aussi simple, voilà bien la seule chose à peu près entretenue dans son équipement.

« Bordel… et que fait cet incapable… il devrait avoir la marchandise depuis longtemps ! »

Il se cambra, mettant le premier centaure en joue… Ils étaient cinq, l’un se tenait au centre, massif, arborant une armure de plaque rustique et toutefois une énorme lance, résultat d’un travail de forge très rigoureux. Deux autres portaient un harnais de cuir simple, et une épée médiocre se tenant à l’écart du grand, pour finir, les deux derniers portaient un voile, et se révélaient être des femelles, s’appuyant sur un étrange bâton orné de plumes, se tenant juste à portée.

« Bien… si seulement je ricanais pas en permanence… je viserai mieux… »

Il arma le mécanisme… il prit une simple inspiration pour limiter les tremblements dû à son rire et…

« IL EST LA ! TUEZ-LE ! » Hurla le massif, alors qu’une des femelles s’écroulait au sol, une flèche plantée en pleine tête.

Canker chopa un carreau qui était logé dans sa botte, s’empressant de réarmer alors que les deux épéistes centaures fonçaient vers sa position. Il visa et décocha à nouveau, un centaure s’écroulant, puis il jeta son mécanisme à terre, prenant épée et bouclier. Il se chargea de parcourir les derniers mètres qui le séparaient de son assaillant, se plaçant juste à temps sur ses appuies pour éviter de se faire piétiner, se cachant derrière son bouclier. Le Centaure commença à enchainer des coups de sabots et d’épée, mettant à mal le Moqueur, celui-ci parvenant tout juste à tenir debout. Au final, Canker eut vite fait de tomber à terre, néanmoins il profita de cette situation précaire pour porter un coup d’estoc, visant les pattes.

Cri de douleur, le centaure tomba à terre tandis qu’une de ses pattes gisait au sol, il n’eut hélas pas le temps de se lamenter sur son sort que Canker en finissait d’un coup d’épée en pleine gorge.

« Trois de moins ! Au suivant, et vite ! Je suis pressé ! » Lâcha Canker, ricanant comme un dément.

Toutefois il n’eut que le temps de porter son bouclier à ses yeux alors qu’un éclair venait s’abattre sur celui-ci. Douleur intense, ses os commencèrent à vibrer alors que l’électricité se répandait dans son organisme, il n’avait pas subit le sort de plein fouet, mais la conductivité d’un pavois en métal avait fait le reste. Il tomba à genoux, grognant de douleur…

« Allez… du nerf… on reprend les devants… on ignore la douleur… et on rentre dans le rang… »

Canker frappa lourdement le sol du poing, se relevant avec langueur, il eut tout juste le temps de rouler pour éviter un nouvel éclair qui fonçait vers lui, reprenant brusquement ses esprits. Il se releva, fixant son objectif, le plus gros de la bande ne bougeait pas, observant, par contre la femelle préparait déjà son nouveau sort, à en voir ses mains qui crépitaient sous l’énergie emmagasinée. Il attendit, fixé sur ses appuies, fixant la femelle centaure, épée en main, prêt à charger. Celle-ci tendit ses mains vers le mort, envoyant un arc électrique, Canker en réponse roula de nouveau, l’arc fouettant le sol, envoyant des gerbes de terre sous l’intensité déployée. 

« C’est le moment ! J’arrive ! » Hurla Canker en ricanant, alors qu’il parcourait la distance le séparant de sa cible à une vitesse fulgurante.

La centaure fut prise de vitesse, elle n’eut que le temps d’opposer son bâton au coup de bouclier qui s’abattait sur elle, le bois volant en éclat face au métal. Elle tituba, reculant gauchement, néanmoins c’était trop tard, le mort était sur elle, il sauta et planta son épée dans sa cage thoracique, descendant le plus bas possible, se retirant dans un bond en arrière, bouclier levé. La seule riposte de la centaure fut un cri de surprise et d’horreur, alors qu’elle gisait au sol, tenant son bas ventre dans ses mains, tentant de garder ses organes à l’intérieur alors qu’elle baignait dans son sang.

« Tu vas payer pour la mort des mes frères, vermine ! Je vais te broyer ! »

Le Massif fonça sur Canker, de tout son poids, l’envoyant voler lourdement à terre dans un violent coup de sabot, il planta ensuite sa lance dans son torse, le maintenant ainsi au sol. 

« Te voilà à ma merci ! Carcasse ! Tu vas rejoindre tes ancêtres ! »

Canker se débattait, impossible de se libérer, le centaure était bien plus fort, c’était donc la fin ?

Peut être pas… non, au moment fatidique, une dague vola au loin, se figeant dans le front du Centaure, celui-ci dans un gargouillis inintelligible vint tout simplement s’écrouler sur Canker. Le Moqueur accusa le coup, ricanant…

« TU EN AS MIS DU TEMPS PAUVRE IMBECILE ! » Hurla-t’il, cherchant quelqu’un du regard.

Il le trouva finalement, un mort se tenait en retrait, portant une tenue de cuir couleur neige, et un foulard blanc, cachant sa gorge. Etrangement il ne répondit pas, décrivant des simples gestes avec ses mains, les reposant ensuite sur le pommeau de ses deux étranges dagues qui étaient sanglées à sa ceinture, semblable à des ciseaux.

« Ouais ouais c’est ça ! Un contre temps ! Lâche ! Attend que je sorte de là-dessous ! Plus jamais je veux faire équipe avec un abruti comme toi, j’espère qu’au moins tu as la marchandise ! »

Le mort se contenta d’opiner légèrement, désignant un grand sac qu’il portait dans son dos, celui-ci semblant bien rempli, puis il se détourna de Canker sans crier gare, disparaissant au loin.

« REVIENS ICI PAUVRE ABRUTI ! SALOPARD DE MUET ! » Hurla Canker.

Mais c’était trop tard, Le Muet avait disparu.

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Re: Les origines du Moqueur, de servitude à liberté.

Message par Canker le Mer 3 Fév 2016 - 0:01

Chapitre XIV : Lizzie l’Osseuse, une meneuse implacable.

Soleil de plomb dans cette région aride et désertique… Les Tarides.

« Bon… Messieurs, je vous explique le plan. » Souffla une morte-vivante, ajustant délicatement un chapeau violet qui siégeait sur sa tête.

Elle fit deux pas en avant, fixant les morts qui se tenaient face à elle, ils étaient trois, un Muet, un Moqueur, et un être massif et difforme… ce mort semblait posséder deux bras protubérants qui contrastaient fortement avec le reste de son corps, qui lui était d’une taille basique et assez fragile.

« Notre objectif est de nous approprier la cargaison d’un convoi de ravitaillement en direction de la Croisée, cela nous permettrait de revendre la marchandise à bon prix aux plus offrants. Jusque là, vous n’avez pas de question, je présume ? »

Elle marqua une pause, profitant pour s’abaisser légèrement, flattant l’échine de son Sombredogue, un chien cadavérique qui se tenait fièrement à ses cotés. Toutefois, elle fut interrompue alors que l’être aux bras protubérants en levait un bien haut, l’air perdu.

« Tu n’as pas compris quelque chose, Gros Bras ? » Souffla-t’elle, exaspérée.

« Euh… ouais… pourquoi je dois porter les harpies ? » Lâcha-t-il d’une voix rauque, désignant les cadavres qui gisaient à ses pieds.

Elle pinça l’arête de son nez avec sa main gauche, lâchant un long soupir, elle laissa ensuite trainer ses mains sur les pommeaux de ses dagues… des lames faite uniquement d’os… voilà qui était peu commun. Ajoutez à cet attirail particulier un arc puissant, constitué d’os et de bois, une tenue de cuir somptueuse, et raffinée, et vous obteniez cette femme morte-vivante au caractère bien trempé.

« C’est pour tromper les gardes qui viendront trouver les décombres du convoi, sinistre abruti. Si nous ne maquillons pas notre méfait, nous pourrions être vite démasqués, tu as compris ? »

Gros Bras sembla réfléchir un instant, puis fit oui de la tête, l’air peu convaincu.

« Tsss… contente toi de faire ton travail. »

Elle s’attarda ensuite sur Le Muet, le détaillant, il n’avait pas changé, toujours cette armure couleur neige, contrastant énormément avec les alentours. Il la fixa de son air impassible, en retour, tapotant le manche de ses cisailles.

« Bon… Le Muet, toi, tu as pour tâche d’être mes yeux, tu me feras signe, quand le convoi est en approche. Maintenant, disparaît. »

Le Muet s’exécuta sans demander son reste, disparaissant dans un nuage de poussière, laissant ainsi Le Moqueur et Gros Bras face à la morte. 

« Le Moqueur, tu vas servir d’appât. »

« Un appât ? Quelle idée géniale… c’est donc cela le fruit de ta longue réflexion ? Pitoyable. »

« La ferme. » Lâcha-t’elle, faisant claquer sa langue, le fixant durement.

Le Moqueur se contenta de ricaner, comme d’habitude, la fixant avec son sourire vicieux.

« Tu vas servir d’appât, donc, tu vas t’étendre au milieu de la route, le convoi va devoir s’arrêter, et l’escorte va sûrement converger vers ta position. A cet instant, tu te relèves, on donne l’assaut, on profite de la surprise, et on les réduit en pièce. Tu as compris ? »

« Hmm… ça m’a l’air amusant, j’espère qu’ils vont se montrer à la hauteur. »

Le Moqueur porta une main à sa besace, sortant une fiole dont il avala le contenu d’une traite, son ricanement s’intensifiant.

« Met toi en place. Gros Bras, suis moi, on va se poster en retrait derrière une butte. »

Les deux laissèrent Le Moqueur seul sur la route, celui-ci s’étendit simplement au sol, yeux fermés, ne respirant plus, mettant fin à son ricanement par manque d’air, contrôlant les mouvements convulsifs de sa mâchoire. Puis il attendit, se retrouvant dans le silence et dans le noir, étrangement familier. Il ne sût pas combien de temps il avait attendu, mais le roulement caractéristique d’un chariot, accompagné du martèlement typique d’un Kodo se fit entendre au loin…


« On approche de la Croisée, tu vois, je t’avais dit qu’on ne rencontrerait pas de problème ! »

« Garde donc ton calme et reste vigilant, vous autres, gardez les yeux bien ouvert ! Les derniers pas sont souvent les plus difficiles ! »

Quatre grunts hochèrent la tête, marchant autour du convoi, scrutant la route et les environs, guettant toute possibilité d’attaque. Le convoi était constitué d’un seul chariot, énorme, contenant bon nombres de marchandises variées, le symbole de la horde était apposé sur les bâches le recouvrant. Un lourd kodo de bât trainait le tout, dirigé par deux orcs installés en tête de chariot, agitant les rennes.

Ils avançaient bien, toutefois ils commencèrent à ralentir alors qu’un des deux conducteurs avaient aperçu quelque chose de louche au loin, sur la route.

« On ralenti… j’ai cru voir quelque chose. Vous autres, tenez vous prêt, on avance calmement et on ouvre l’œil ! »

Le convoi continua son avancée, grattant peu à peu la distance le séparant de l’endroit ou Canker était étendu. Le premier conducteur plissa les yeux, portant sa main droite en visière pour filtrer les rayons du soleil qui tapaient dur sur la région et plus précisément sur la tête des orcs.

« On dirait… un cadavre… Approchons nous encore un peu…»

Ils s’approchèrent encore, arrivant enfin à portée, Le Moqueur resta immobile, attendant son heure.

« C’est bien un cadavre… on dirait un mort-vivant… probablement un réprouvé… Vous deux, allez voir de quoi il en retourne, les deux qui restent, surveillez bien les environs. »

L’escorte se scinda en deux, et ainsi deux grunts convergèrent vers Le Moqueur, l’un le fixant, l’autre surveillant les alentours.

« Tu crois qu’il est mort pour de bon toi ? » Lâcha le premier, perplexe, s’approchant du corps.

« J’sais pas… t’as qu’à r’garder. » Lâcha l’autre d’un air moqueur, surveillant les alentours, hache en main.

Le premier Grunt s’agenouilla, détaillant Le Moqueur, le tapotant brièvement… pas de réponses. Il se pencha un peu plus, le détaillant du regard, approchant dangereusement sa gorge… trop tard.

« Mais… QUE ?! »

Le grunt n’eut le temps de comprendre son erreur que Le Moqueur s’était redressé, transperçant sa gorge avec ses doigts osseux, coupant la jugulaire, laissant un long flot de sang jaillir alors que le grunt s’écroulait sur le coté dans un râle.

« UNE ATTAQUE ! AUX ARMES ! » Hurla le second, chargeant Le Moqueur qui se relevait à peine.

Il bloqua le coup de hache à l’aide de son bouclier, et l’écrasa ensuite sur le crâne de l’orc, le jetant à terre. Ceci fait, il lui sauta dessus, tranchant la gorge à coup de dent, dévorant l’orc sur place, tandis que ces camarades fonçaient à son secours, un peu tard. Il se releva, ricanant, la bouche gorgée de sang, fixant d’un air dément les deux grunts qui fonçaient sur lui en hurlant, délaissant le convoi et les conducteurs.

On put entendre deux sifflements distincts, tandis que les deux grunts s’effondraient, surpris, chacun avec une flèche fichée dans le crâne.

« Des réprouvés ! Des TRAITRES réprouvés ! Il faut prévenir la Croisée ! Abandonne le chariot ! COURT ! » Aboya le premier conducteur à son collègue.

Celui-ci ne se fit pas prier, sautant et commençant à détaler, quittant la route.

« Mon Mignon… attrape le pour maman… » Souffla la morte, tandis que son Sombredogue se ruait sur le fuyard. 

Ceci fait elle fixa le conducteur, qui se tenait encore à sa place, gardant la bride de son Kodo pour le forcer à rester en place.

« Alors… orc, quelque chose à dire avant de quitter ce monde ? » Souffla-t’elle, bandant son arc, le fixant d’un air vicieux.

« Allez au d… »

Il n’eut le temps de finir sa phrase qu’une flèche se figeait déjà entre ses deux yeux.

« Je ne pensais pas, non. » Souffla-t’elle, faisant claquer sa langue, satisfaite.

Le dernier orc fut réduit en charpie par le Sombredogue, le plan s’était déroulé avec succès, les grunts étaient en déroute, aucun témoins, aucunes preuves, le chariot était à eux, il fallait faire vite à présent.

« Bien… passons à la suite du plan. Rassemblez les cadavres… allez on se dépêche bande d’incapables ! »

Ils s’exécutèrent, Le Muet qui était apparu pour l’occasion, ainsi que Le Moqueur, s’affairaient à rassembler les cadavres près du chariot.

« Bien… Gros Bras, apportent les harpies. »

Gros bras amena le tout, déposant les corps non loin.

« Parfait… allez, bougez vous ! Récupérez la marchandise ! Je me charge de la mise en scène ! Et faites vite !»
Après avoir dit cela, la morte alla prendre la hache d’un grunt qui trainait, elle s’approcha d’un cadavre de harpie et la planta avec vigueur dans son torse, déplaçant celle-ci juste à coté du Grunt. Ensuite, elle arracha quelques plumes, les répandant ici et là sur les cadavres… elle continua ainsi, maquillant l’ensemble du convoi, tandis que les trois acolytes déchargeaient l’essentiel de la marchandise.

« Nous avons fini, l’Osseuse. » Souffla Le Moqueur, se tournant vers elle alors qu’elle finissait de barbouiller un orc de coup de griffes et autres joyeusetés.

« Lizzie. Lizzie l’Osseuse. Et si vous avez fini, alors déplacer le tout jusqu’à l’endroit prévu, sans trainer. Je vous y rejoins sous peu. » Répondit elle sans même le regarder, poursuivant son œuvre.

Il se détourna d’elle, rejoignant ses deux acolytes, prenant une partie des marchandises et s’en allant, ricanant. Cette femme était vraiment redoutable… il avait plutôt pour intérêt de gagner sa sympathie, plutôt que sa fureur… elle pourrait s’avérer utile, un jour.

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Re: Les origines du Moqueur, de servitude à liberté.

Message par Canker le Mer 3 Fév 2016 - 0:02

Chapitre XV : Le retour d’un sentiment… l’Amour.

Il ouvrit une fois de plus la boite aux lettres… rien, ni bourse, ni fiole, ni besace. Comment cela était-il possible ? Il la ferma à nouveau, se massant les tempes, dans l’incompréhension totale.

« Le Moqueur, tu deviens énervant, cela va faire deux jours que tu t’acharnes sur cette boite, maintenant ça suffit, assied toi et ferme là. » Souffla Lizzie, faisant claquer sa langue, étendant ses jambes sur la table tout en aiguisant l’os d’une de ses dagues.

« J’ai BESOIN de ma potion ! Normalement il me l’envoi ici chaque semaine, au jour EXACT, il a deux jours de retards, quelque chose ne va pas ! » Répliqua t’il à bout, pris d’étranges tremblements nerveux. 

Il avait en tout point le comportement d’une personne subissant un sevrage radical. Il passait par différentes phases, la surprise… l’incompréhension… l’inquiétude, bientôt il allait passer par…

« JE REFUSE D’ATTENDRE PLUS LONGTEMPS ! JE VEUX MA POTION ! » Hurla t’il, frappant du poing la table, manquant de la briser.

Le refus. En réponse, Lizzie l’Osseuse se leva très doucement, le fixant avec un mélange d’étonnement, d’impassibilité, et d’appréhension, il devenait une menace directe, la distance les séparant était faible, cela ne jouait pas en sa faveur car il était bien meilleur combattant qu’elle, elle devait calmer le jeu.

« Le Moqueur… Calme toi… et assied toi. » Souffla t’elle, doucement, mais fermement, jouant sur son conditionnement.

Il s’exécuta sans broncher, mais il ne semblait pas plus calmé qu’autre chose, il était totalement perdu, plus de potion ? Impossible, Impensable, il bouillait intérieurement, prêt à se déchainer au moindre faux pas.

« Nous sommes à une heure du premier entrepôt, connaissant mon époux, il en a forcément stocké quelque part. Tu vas rester sagement ici, je vais aller voir ce qu’il se passe là-bas. Tu restes ici, et tu ne fais pas de choses stupides, je n’ai pas envie qu’à mon retour cette planque soit connue de tous les pins argentés, c’est clair ? »

Elle le fixa avec insistance, se forçant d’avance à soutenir le moindre regard que Le Moqueur lui adresserait, si elle montrait une once de faiblesse, elle perdrait le contrôle de la situation.

« Est-ce que c’est Clair. » Souffla-t-elle à nouveau, sèche, le fixant durement.

« Ouais… » Répondit il à contrecœur.

« Bien. » 

Elle fit volte face et sorti de la vieille bâtisse, disparaissant dans la forêt des pins argentés. Il attendit son retour, continuant son dénie, c’était IMPENSABLE ! Il devait avoir sa potion ! Si il n’en prenait pas il était voué à tomber au sol, privé d’énergie, sans même espérer connaître le repos. Retourner au sol comme du temps avant sa rencontre avec Le Murloc.

Un jour passa, puis un autre, c’était impossible, que se passait-il au juste ? Il ne comprenait plus rien, il se sentait faiblir, ses pensées devenaient confuses, du moins c’est ce qu’il pensait. Ironiquement, son sevrage devait plutôt provoquer un retour dans le monde du conscient, mais en pareil instant il était si perdu qu’il ne comprenait même pas ce qui lui arrivait. Il se leva, tanguant brièvement, s’appuyant sur la table. Quelque chose ne se déroulait pas comme prévu, il en était sûr, il devait aller voir ce qu’il se tramait à l’entrepôt le plus proche, le réseau n’avait jamais de problème techniquement, tout était livré en temps, et en heure, sans jamais avoir connu un tel retard.

Il quitta la bâtisse, se trainant dans les pins argentés, il ne comprenait pas, ou plutôt il refusait de l’admettre, il ne voulait pas retourner au sol, redevenir inutile, il devait trouver une potion. Il arriva vers l’entrepôt à la nuit tombée, il ne sait pas combien de temps il avait mis, sans doute beaucoup, vu comme il se trainait.

Il observa tout d’abord l’entrepôt qui se dressait maintenant à une dizaine de mètres, il s’agissait en fait d’une ruine d’un lieu dit, regroupant trois à quatre maisons défoncées, un lieu reclus de Tirisfal, une cachette idéale car peu de personnes auraient intérêt à venir si profond dans la région pour quelques ruines. Qu’il n’y ait pas de torche, c’était normal, il ne fallait pas attirer l’attention, toutefois qu’il n’y ait pas deux trois agents en faction sur les lieux…

Il s’approcha, arrivant sur la place centrale, observant la pénombre environnante… pas un bruit, pas un mouvement étrange, ou était les agents ? Il y avait des caisses présentes, ici et là, des marchandises volées prêtes à être envoyées. Visiblement ce n’était pas l’œuvre de quelques restes du Fléau, ils auraient tout saccagé, ni même de brigands, ils auraient tout pris. Mais de qui, alors ?

Plissant les yeux, il fixa le coin d’une bâtisse en ruine, une ombre semblait étendue, juste à coté.
Atteignant l’endroit cité, il se pencha pour mieux voir… c’était Lizzie l’Osseuse, elle était inerte, son visage figé en une expression d’horreur troublante, un mort, avoir peur ? C’était encore possible ? Elle avait visiblement été tuée par magie, son cadavre émanait encore une aura d’ombre… il connaissait ce sort…

Il entendit une plainte, brève, lointaine, toutefois elle résonna longuement dans son esprit. Il se releva, se dirigeant au centre des bâtisses, regardant partout autour de lui, perdu, trainant les pieds, ne sachant pas vers où se tourner.

Une seconde plainte, plus présente, plus proche, il dégaina son épée et son bouclier, ces deux objets lui paraissant soudainement bien lourd, tout comme ses jambes.

« Qui… qui va là ? » Souffla-t-il, en posture défensive, bien qu’il fût sur le point de s’écrouler.

Pas de réponse, il restait là, dans le noir, au centre de la place de ce lieu dit. Une troisième plainte se fit entendre, elle était là, omniprésente, omnisciente, elle résonnait au plus profond de son esprit, il se tournait de toute part, le regard alerte et ivre de colère.

« MONTREZ-VOUS ! » Hurla-t-il, perdant patience.

Elle se montra, et lorsqu’il la vit enfin, il perdit soudainement toute colère. Elle se tenait là, devant lui, sanglotant ouvertement, les bras ballants, la tête penchée vers le sol, ne le fixant pas. Ses orbites creuses, sa mâchoire raccommodée, ses vêtements miteux et déchirés, sa canne amochée et sur le point de rompre… c’était elle, c’était La Pleureuse, Mère Malkin, La Pleureuse.

Etrangement, l’aversion qu’il ressentait généralement pour elle ne se fit pas entendre, il ne comprenait pas, il était censé la détester et… tout à coup, il semblait empli d’un tout autre sentiment, il ne parvenait pas à l’expliquer. Elle commença à s’avancer lentement vers lui, sanglotant, au lieu de reculer, il lâcha son arme, puis son bouclier, la fixant, perdu, il ne comprenait plus rien, il vacilla brièvement.

Elle n’était plus qu’à un mètre de lui, ils étaient relativement proches, cela faisait un moment qu’une telle chose n’avait pas eu lieu. Canker restait là, figé, il ne savait plus quoi faire, s’enfuir ? L’affronter ? De toute évidence, si elle était ici, c’est qu’elle s’était rebellée contre Le Murloc. Il ne parvenait plus à bouger, il la fixait, perdu, envahit par ce sentiment qu’il ne parvenait plus à expliquer.

Elle prit enfin la parole, fixant le sol, entre deux sanglots, d’une voix douce et presque inaudible.

« C…Can…Canker ? »

Et là, il fit quelque chose qu’il ne compris pas sur l’instant. Il l’enlassa, la serrant fort contre lui. Il était parcouru par une sorte de compassion, il se remémorait soudainement une bonne partie de sa vie, vie qu’il avait partagé avec elle, il se souvenait de tout, tous ses souvenirs heureux… Il murmura, entre deux ricanements, la gardant près de lui.

« Je… Je t’aime… »

Elle ne répondit pas, restant auprès de lui, sanglotant, elle fini par simplement lui rendre son étreinte, passant ses deux bras autour de sa taille.

« T-tu… tu n-n’as p-pas ch-changé… » Souffla t’elle, alors que ses deux mains commençaient à s’entourer d’un faible aura d’ombre.

Canker ne le remarqua pas, perdu dans ses pensées, la gardant près de lui, il ne voulait plus la quitter, plus jamais. Toutefois… quelque chose d’étrange arriva, il commençait à vaciller de plus en plus, ses forces semblaient l’abandonner, peu à peu, mais que se passait-il ?

La voix de Malkin changea soudainement, elle fut plus sèche, plus rude, plus incisive, les sanglots étaient encore là, eux.

« Oui… tu n’as pas changé, tu es toujours aussi borné et naïf. »

Il la lâcha, tombant à genoux, tandis qu’elle s’écartait de lui, semblant… rire ? Il la fixa, dans l’incompréhension totale, alors qu’il s’effondrait.

« Tu n’es décidément qu’un pauvre imbécile. Merci pour ton énergie, je saurais en faire bonne usage, pour tuer tu sais qui. Et… non, je ne te tuerai pas, je t’en veux encore suffisamment pour t’éviter le plaisir de mourir définitivement. Je te laisse une chance de souffrir d’avantage. »

Elle se dirigea vers une caisse, laissant Canker à même le sol, celui-ci se contentant de ricaner, la fixant comme il pouvait. Elle ouvrit cette dernière, et en sorti une fiole, qu’elle désigna à Canker.

« C’est avec ça, que ce pauvre imbécile te fait obéir, pas vrai ? Tu en as besoin ? » 

Il ne répondit rien, laissant sa tête reposée sur le sol, ne daignant même plus la fixer.
Elle posa la fiole non loin, puis le fixa à nouveau.

« Je te laisse, mon très cher époux, j’ai un apothicaire et son futile réseau de contrebande à détruire, je viendrais voir comment tu te débrouilles plus tard. »

Elle disparu sans même se retourner, ses sanglots disparaissant avec elle dans la pénombre de la nuit, laissant Le Moqueur seul, au centre de la place, cloué au sol. Voilà qu’il était revenu au point de départ, le sol, incapable de se déplacer, incapable de mourir, condamné à rester là. Et pourtant, cela ne semblait guère l’atteindre, il était encore perdu suite à l’événement qui venait de se produire.

Ah… l’Amour… il n’avait pas ressenti cela depuis fort longtemps…

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