Les chroniques de la Pleureuse.

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Les chroniques de la Pleureuse.

Message par Canker le Mer 3 Fév 2016 - 0:04

Chapitre I : Première rencontre.

J’ai du mal avec les choses difficiles à comprendre, et difficile à prononcer, ça me rend colère, mais je fais de mon mieux pour pas laisser voir, sinon le Père Proetho va me gronder. Bonjour, je suis Malkin, j’ai 7 ans, et mes parents ont été tués. Ca veut dire quoi d’ailleurs tués ? Moi je me souviens j’étais avec eux pis tout d’un coup plus rien. Je me suis levée et ils étaient pas là, et y’avait le Père Proetho, et il m’a dit ça sur un air triste. Pourquoi je parle toute seule dans ma tête au fait ?


Pis pourquoi le ciel est bleu et pas orange ? Pourquoi le grand disque jaune qui pique les yeux a été appelé soleil ? Je le demande au Père Proetho et il me répond jamais bien comme il faut, ça aussi, ça me rend colère.
Nous marchons, le Père Proetho aime bien marcher, j’ai remarqué ça depuis que je suis ici, il marche, et il va saluer tous le monde, d’ailleurs, tous le monde l’aime bien ici ! Moi aussi je l’aime bien, enfin, un peu, pas beaucoup, il me gronde souvent et j’aime pas ça. En fait… je l’aime pas, quoique si peut être un peu…


« Bonjour mon Père ! » Lance Gribble, le boucher du village.


Il est pas très beau, il a une sale tronche, des gros yeux, des grosses joues… pis il est gros… en fait tout est gros chez lui. Cela veut dire que ses parents étaient gros ? Ou bien qu’il est le fils d’un gros truc ? Il faudra que je demande ça au Père Proetho. Je commence par tirer un peu sur sa grande manche blanche, comme je fais à chaque fois que je veux lui demander un truc, mais il me dit d’attendre d’un geste bref.


« Bonjour Gribble ! Comment vous portez-vous mon brave ? » lui répond donc le Père Proetho, ouvrant les bras et gratifiant le boucher d’un geste amical.
Le Père Proetho est assez grand, il porte une grande tenue blanche, parsemée de quelques rubans or et rouge. Il a un grand bouc, et une grande chevelure grisâtre, tout est grand chez lui ! Même ses pieds ! Parfois je marche dessus sans faire exprès, et il râle, c’est marrant.
D’un coup, le gros il me pointe du doigt ! J’ai fait quoi au juste ?


« C’est la petite Malkin, hein ? » Lâche t’il avec sa grosse voix, en me pointant de son gros doigt boudiné.


« Oui, j’en ai à présent la responsabilité. » Répond Proetho, souriant.


« Je suis pas petite ! » Que je lui réponds, en prenant ma tête toute énervée.


Ouais, je sais bien le faire ça, je fronce les euh… sourc… enfin les trucs au dessus des yeux, pis je fais la moue en gonflant les joues. Bizarrement le gros ça le fait rire et il me prend pas au sérieux.


« Haha ! Une sacrée bagarreuse ça ! Je vous souhaite bon courage Proetho ! »


« Ne m’en parlez pas Gribble… puisse la lumière m’accorder la patience de l’éduquer comme il se doit. » Répond le Père en me fixant d’un air pas content, je crois que j’ai fait une bêtise.


Il salue brièvement le boucher et on reprend notre marche, y’a beaucoup de monde dans les rues aujourd’hui, ils saluent tous le Père, qui les salue aussi, moi je salue pas, c’est pas mon truc.


« Et saluer ça te dérangerait pas un peu sale gamine ?! » Maugrée un vieux sur son banc.


Moi je me retourne et je le fixe, il m’a fait peur sur le coup quand même ! Il a une grande barbe grisonnante, des yeux marrons, un nez tout tordu, et des grandes oreilles, ah pis il a plus beaucoup de dents ! Il est pas très joli à voir. En plus sa tenue elle est toute moche et toute déchirée, un vieux blouson marron, un pantalon ocre et des chaussures trouées. 
Bon ok, moi j’ai pas des habits plus beau, le Père Proetho m’a donné une de ses vieilles robes, elle est trop grande pour moi, pis elle sent pas très bon. Pis je la fais trainer par-terre, normal ! Elle est trop grande pour moi ! Je lui dis tous le temps et il me répond qu’il n’a rien d’autre et que je grandirais un jour de toute façon…


« Me répond pas surtout hein ! » Maugrée de nouveau le vieux.


« Euh… bah t’es pas jolie et t’es pas beau ! »


Le vieux en reste silencieux, Ha ! je l’ai bien mouché ! Par contre le Père il a pas l’air content, il me colle une claque derrière la tête.


« Malkin. Je t’ai déjà dit qu’on ne parlait pas ainsi aux autres personnes. Nous sommes tous des enfants de la lumière, nous devons tous nous traiter avec politesse et respect. » Me souffle le Père, me gratifiant d’un regard ennuyé.


« Je suis désolé, Donnigan, mon vieil ami, elle ne recommencera plus. »


« Bah ! Ne t’en fais pas va Proetho… c’est pareil avec tous les jeunes d’ici, ils n’ont aucun respect pour les vieilles personnes ! Fut un temps ou je leur aurais collé une rouste, comme à l’époque ou je me battais encore fièrement lance en main, je te le dis ! »


« Je n’en doute pas un instant, mon ami, mais n’entachons pas la réputation qui te précède avec des actes aussi peu chevaleresque que malmener quelques enfants, hmm ? » Souffla le Père, lui souriant de toute ses dents, car lui il en a encore plein ouais !


En réponse, le vieux il rigole, pis il nous salue d’un geste vague, alors qu’on reprend notre marche, le Père me jette de nouveau un regard mauvais, moi je rentre ma tête dans mes épaules… c’est qu’il fait peur avec cette tête là ! Pis j’ai pas envie de reprendre une claque derrière la tête !


On continue donc de marcher dans le village, c’est qu’il est grand en plus le village, des grandes rues, des grandes maisons, des grandes personnes… tout est grand ! Mais le Père il me dit que c’est juste moi qui est petite, quand je lui dis, mais c’est pas vrai ! Je suis pas petite !
On s’arrête devant la forge, c’est un grand bâtiment, avec une grande cheminée dont s’échappe de grands nuages de fumées, et y’a aussi un grand bruit… 


« John Briddlebraw ! » Lance le Père, en élevant la voix vers la forge.


Une grande silhouette large d’épaule sort du bâtiment, se dirigeant vers nous, avec un marteau en main. C’est un grand monsieur, il a des grands cheveux blonds, des yeux bleus, et un grand nez. Il porte un tablier noir, pourquoi il est tout noir d’ailleurs ? Un tablier c’est blanc nan ? 


« Oh bonjour mon Père, je peux faire quelque chose pour vous ? Vous avez besoin d’une nouvelle chaine ? » Lance t’il simplement, fixant le Père.


« Non non. Cela ira pour l’instant John. » Répond le Père en agitant une main.


« Tu saurais me dire où se trouve ton frère ? J’ai quelqu’un à lui présenter. » Poursuit-il en me montrant.


J’ai fait quoi encore ? Pis voilà, d’un coup le gars de la forge il me regarde.


« Ah, c’est donc la petite Malkin ? » Lâche le forgeron en me fixant.


« Je suis pas petite ! »


« Malkin… » Souffle le Père, lassé.


Je me tais, donc, car j’ai pas envie de prendre une claque derrière la tête, ça fait mal. Le Forgeron me fixe encore un peu, m’inspectant je crois, je vois pas trop ce qu’il cherche, je suis une gamine avec une robe trop grande, c’est tout. Enfin ! Il arrête de me fixer et il en revient au Père.


« Je crois qu’il est au nord du village avec son fils, il devait discuter avec le jeune Richard. » Répond t’il enfin au Père.


« Bien, je te remercie je vais aller voir, passe une bonne journée John, et puisse la Lumière toujours guider ton bras et ainsi te permettre de réaliser les œuvres dont tu as le secret. » Dit le Père en lui faisant un clin d’œil.


Et nous revoilà parti pour marcher… j’en ai marre de marcher, c’est fatigant, pis les gens ils font exprès de vouloir m’écraser avec leurs grands pieds ! Je suis le Père comme si j’étais son ombre, bah ouais j’ai pas envie de me perdre dans le grand village, pis je connais personne à part lui ici ! D’un coup, il s’arrête et je lui rentre de plein fouet dedans avant de tomber sur le cul. Ca fait mal… 


« Oh… ça va Malkin ? » Dit-il en se retournant.


« Ouais… » Je dis, en me relevant et en me frottant les fesses.


Bah, j’allais pas pleurer hein, j’en ai vu d’autres. Je regarde devant le Père pour voir pourquoi il s’était arrêté, je distingue juste un garçon grand qui vient vers nous, il a une tête toute carrée, un nez fin et des yeux marron/vert, ou vert/marron… nan, marron/vert.


« Bonjour mon Père. » Dit-il d’une voix simple.


« Bonjour, Richard, tu vas bien mon garçon ? »


« Je vais assez bien oui, belle journée n’est-ce pas ? Cela ressemble à un début de printemps vous ne pensez pas ? »


« Sans doute Richard. Dis moi… tu n’aurais pas vu Gregory et son fils ? »


« Oh, eh bien si je viens de les quitter, Gregory allait emmener son fils s’entraîner à l’extérieur du village. Vous pouvez encore les voir, je crois qu’il devait faire un détour pour voir je ne sais qui. »


« Eh bien merci, je vais bien voir si je les rattrape. Passe une bonne journée mon garçon et que la lumière guide tes pas. » Lâche le Père, avant de reprendre sa marche.


Je m’empresse de le rattraper, il marche vite, c’est pas juste, moi j’ai des petites jambes. Il salue brièvement les passants et marche toujours plus vite, il pense à moi parfois ? Je suis fatiguée !


« Père Proetho vous allez trop viteuh ! » Je lui lance en continuant de marcher, trainant ma robe par-terre.


« Je tiens à te présenter quelqu’un Malkin, c’est important, désolé si nous devons nous hâter, mais je préfèrerai le voir maintenant, nous n’aurons plus le temps ensuite. Et je n’aimerai pas devoir déranger cette personne plus tard. »


Mais, mais il ralenti pas en plus ! Comment il fait pour parler si longtemps et marcher aussi vite ? Peut être que si j’arrêtais de parler dans ma tête je pourrais le suivre !

...


Je peux enfin recommencer à parler dans ma tête, je suis fatiguée, j’ai mal aux jambes, tant pis ! Il devra me porter pour rentrer, nah ! Je regarde en face de nous, je vois un homme qui porte une Grande armure bleue et ambre, ainsi qu’une grande épée et un grand bouclier… il est impressionnant ! Le père commence à lui parler, le saluant, le monsieur lui répond d’une voix grave. Pis d’un coup ils se tournent vers moi, mince ! J’ai fait quoi encore ?


« Je te présente Malkin, Gregory, c’est elle que tu as sauvé des gnolls, il y a deux jours. »
Le monsieur qui s’appelle Gregory met un genoux à terre, ça a l’air difficile vu comment son armure fait du bruit et est lourde, pis il me fixe attentivement.


« Bonjour Malkin. » Qu’il dit.


Pis bah moi euh… bah je dois lui répondre je crois, le Père il me fixe d’un air mauvais.


« Euh… Bonjour monsieur ! »


Il me sourit simplement, et il me demande.


« Tu as quel âge, Malkin ? »


« Euh… j’ai 7 ans ! » Je lui réponds, toute fière, car ça je le sais !


« Cet homme t’as sauvé la vie, Malkin, c’est un Chevalier, son devoir est de protéger les gens du mal. »


« Chevalier… pourquoi y’a le mot cheval, dedans ? » Je demande.


Le Chevalier Gregory il se met à rire simplement, puis il me répond.


« Car les chevaliers ont des chevaux pour monture, ce sont des hommes qui se battent très souvent sur leurs destriers. »


« Et il est où votre cheval alors ? » Je demande.


Il sourit de nouveau, il a l’air sympa le chevalier là.


« Mon fils va me l’amener, il a ton âge. »


On attend donc un peu, et on voit arriver au loin un garçon qui fait ma taille, amenant un cheval, il est grand, il est gros, il a des gros yeux noirs, et il est blanc. Le garçon il s’arrête et il nous fixe le Père et moi, surpris, il s’attendait pas à nous voir on dirait. Lui il a l’air marrant, il a des yeux marrons, un nez simple, et des petites oreilles rondes. Il voit que je le regarde et il détourne les yeux, bizarre.
Je m’approche donc de lui, et je lui dis :


« Salut ! Moi c’est Malkin ! »


Il me répond pas, et lance un regard à son père, on dirait qu’il a peur ! C’est marrant !


« Eh bien allez… répond, un écuyer doit savoir répondre aux salutations d’une dame, si il veut être Chevalier. » Lui dit le Chevalier Gregory.


Alors il me refixe, du moins il essaie, se cachant un peu derrière le cheval qui lui bouge pas d’un pouce. Moi j’attends et je le regarde en souriant, pour le mettre en confiance quoi.


« B…Bonjour… » Qu’il me dit enfin, d’une toute petite voix, il est marrant.


« Tu t’appelles comment ? » Je lui dis, toujours en souriant.


Il jette de nouveau un regard au Chevalier, qui lui fait un hochement de tête, pis il revient à moi, il est vraiment timide !


« Je m… m’appelle… C…Canker. »


Canker hein ? Bah je crois qu’on va être copain lui et moi, je l’aime bien, il est marrant à être tout timide.

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Re: Les chroniques de la Pleureuse.

Message par Canker le Mer 3 Fév 2016 - 0:05

Chapitre II : Enfance partagée.

Respect… Ténacité… Compassion… J’en ai assez d’écrire ça… ça va faire depuis plus de trois heures que je me force à écrire ces mots sur le papier, tandis que Proetho continue son cours… D’un coup, ma plume me glisse des mains et marque le papier d’une trace noire avant de tomber au sol… moi en attendant ? Bah je me tiens le poignet ! J’ai une crampe et ça fait très mal !

« Tout va bien Malkin ? » Dit le Père, ramassant la plume et s’asseyant près de moi.

« Non ! J’ai mal et je suis fatiguée ! » Que je lui réponds, tout naturellement en pareil instant.

Il prend mon poignet entre ses mains, et il semble réciter quelque chose à voix basse… et… d’un coup… bah j’ai plus mal ! Wouah !

« Wouah ! Vous avez fait ça comment ? » Tandis que je regarde mon poignet et lui, tour à tour.

Il me fixe et sourit faiblement, avant de me répondre :

« Ce que je viens de faire Malkin n’est pas donné à tous le monde, il faut remercier la lumière, pour cela. Car c’est grâce à elle, que tu n’as plus mal. »

« La lumière permet de faire ça ? » Que je lui demande, bah ouais je suis intéressée pour le coup !

« La lumière permet de faire beaucoup de chose, Malkin, elle apporte la joie, elle apporte l’espoir, et elle apporte aussi le réconfort. Tout ce que je t’apprends, n’est pas là par hasard. »

« Et je pourrais faire ça aussi moi ? »

« Eh bien… qui sait, si tu te montres assidue et que tu respectes les trois vertus peut être qu’un jour cela te sera possible. » Me répond-il en me souriant simplement.

Moi je le fixe d’un air blasée, j’en ai un peu marre d’apprendre, aujourd’hui, surtout que ça fait pratiquement toute la matinée que j’l’ai écouté causer. Je crois qu’il s’en aperçoit car il me dit d’un coup :

« Je suppose que cela sera assez pour aujourd’hui, Malkin. »

« Oué ! »

Je me lève d’un bond, j’avais attendu cette phrase toute la matinée ! Néanmoins je tâche de me calmer un peu car le Père me fixe d’un air désabusé. Toutefois, il fini par sourire et il me dit :

« Tu peux aller t’amuser dans le village, mais ne cause pas de trouble et soit respectueuse vis-à-vis des autres, c’est clair ? »

« Oui ! » Que j’lui réponds, toute contente.

« Et tâche de rentrer avant le coucher du sol… » Me dit-il alors que je ne l’écoute déjà plus.

Je m’empresse de sortir de la pièce, j’arrive dans la salle de messe, je cours à travers les bancs et direction la sortie ! J’ouvre grand la porte de la chapelle, et fixe le grand soleil qui illumine les environs. C’est une belle journée ! Je dévale à travers champ, franchissant les quelques lieues me séparant du village et je m’arrête à l’entrée de celui-ci pour reprendre mon souffle.

Mon souffle finalement repris, je décide d’aller voir s’ils sont chez eux.  Je traverse la rue principale du village, saluant brièvement les passants qui parfois m’adressent un regard… Ah oui, je porte toujours une vieille robe à l’odeur douteuse, cela dit, elle a l’air moins grande ! Je continue d’avancer, j’évite un groupe d’oies qui passent par là… c’est bizarre comme oiseau ces trucs, normalement un oiseau ça vole non ? Sinon ça aurait pas d’ailes…
« SURTOUT ME SALUE PAS GAMINE HEIN ! » Braille Donnigan sur son banc, me fixant.

Je sursaute et me tourne vers lui, nan mais il a quoi contre moi celui là à la fin ?! Il m’a fait peur en plus !

« Euh… Bah Bonjour hein ! » Je lui dis gauchement, il me fous mal à l’aise à me fixer comme ça quand même.

« Tsah ! » Qu’il me répond, croisant les bras et détournant le regard en grommelant.

Je m’attarde un instant en le fixant l’air incrédule pis… bah je reprends ma route, décidément je le comprendrai jamais celui là, il est jamais content… 

Je connais assez bien le village maintenant, il a beau être assez grand, il y a quelques repères, par exemple la cloche de l’hotel de ville peut me dire que je suis à l’ouest du village, et la forge que je suis au nord, tout comme la vue lointaine de la chapelle du Père Proetho me dit que je suis au sud… hé, je suis douée quand même !

« Ouch ! » Je tombe au sol après être rentré de plein fouet dans un poteau…

« Oh… ça va petite ? » Qu’il me répond…

Attendez une seconde… un poteau ça parle ? Je lève les yeux au ciel et je m’aperçois que c’est en fait Richard le jeune, avec sa tête carrée et ses yeux marron/vert… ou vert/marron, rah je sais jamais !

« Ouais ouais… » Que je réponds en me relevant, époussetant ma robe.

« Tu devrais faire plus attention, Malkin, les têtes en l’air finissent souvent la tête en bas. » Me répond-il d’un air rieur.

« Gnagnagna ! Je suis pas une tête en l’air d’abord ! » Que je réponds d’un air renfrognée, puis je reprends mon chemin en affichant une mine boudeuse, jusqu’à ce qu’il détourne le regard, ceci fait je reprends mon sourire habituelle, moi renfrognée ? Mais non !

J’aperçois enfin les volutes de fumée de la forge, je suis plus trop loin techniquement. Et j’ai raison, je vois enfin la petite maison qui se dresse face à moi près d’un arbre, elle est bien simple, un étage, quelques fenêtres, une toiture brun foncée… enfin c’est une maison quoi !

Je toque à la porte, et j’attends, me balançant d’un pied à l’autre, souriante, j’espère qu’il est là ! 
Pas de réponse… je toque à nouveau, toujours rien. Bon bah… je regarde à gauche et à droite si quelqu’un me regarde, puis j’ouvre la porte et j’entre, ils la ferment rarement à double tour.

« Canker ? T’es là ? Gregory ? » Je referme la porte, et je me retrouve dans une vaste pièce, comportant une table et des chaises, une cheminée, et quelques étagères, ainsi qu’un escalier qui doit mener aux chambres sans doute. 
C’est incroyable comment c’est bien rangé ici, même le Père Proetho est moins rigoureux, tout est bien droit, bien en place, je m’avance vers une étagère de livres et je regarde. Les titres d’ouvrages ne me disent pas grand-chose, mais bon, j’ai jamais lu de livre, enfin, pas des livres qui ne parlent pas obligatoirement de la lumière, faudra que je demande à Gregory si je peux lui en emprunter un, un jour.

Ils sont sans doute parti s’entrainer… je sors de la maison en refermant bien la porte, puis je me dirige au Nord, passant devant la forge, sortant du village. Je marche tranquillement à travers la plaine, le soleil brille fort, le vent souffle un peu, c’est bien agréable ! J’aperçois finalement deux vagues silhouettes, à l’orée de la forêt, je me précipite donc, courant un peu, soulevant ma robe pour ne pas me vautrer.

J’arrive enfin à leur niveau, je ralenti l’allure, et les observe en silence, je vais pas les déranger en plein entraînement quoi. 

Gregory porte son armure de Chevalier, c’est fou comme il paraît fort et majestueux dedans ! Le soleil il scintille même dessus ! Ouah ! Ca en ferait mal aux yeux !
Canker lui il porte une sorte de tenue en cuir, des petits renforts au niveau des genoux et des épaules… ouais, il paraît déjà moins majestueux, mais moi je le trouve mignon quand même. Il porte une targe en bois et une épée fait du même matériau, fixant son père qui lui arbore une somptueuse épée en métal, ainsi qu’un bouclier ocre… ouais, c’est pas du tout le même niveau de beauté !

« Canker, à quoi sert un bouclier ? » Demande Gregory, le fixant, impassible.

« Euh… à se protéger ? » Répond Canker, peu confiant.

« Mais encore. »

Canker semble réfléchir un peu plus, silencieux, puis il répond.

« Un bouclier sert à se protéger des coups qu’un adversaire pourrait porter, tout comme il permet de protéger quelqu’un près de soi. Il permet également de tenir une ligne, et de repousser des adversaires, c’est un avantage défensif certain, mais cela réduit la capacité d’attaque de son détenteur. C’est… ça ? » Qu’il répond, fixant son père.

Gregory reste impassible, le fixant, puis lui accorde un simple sourire.

« C’est à peu près cela, Canker. L’efficacité d’un bouclier, varie également en fonction du type choisi. Plus il sera large, et plus il sera facile de bloquer les attaques, tout comme il sera plus difficile de se mouvoir. Un bon chevalier sait, choisir un bouclier en toute circonstance, tout comme il sait que parfois il n’en aura pas besoin. »

Canker hoche, puis je crois qu’il m’aperçoit car il devient un peu pivoine, et gratte le sol du pied, détournant le regard. Gregory regarde donc à son tour, et m’aperçoit.

« Ah ! Bonjour Malkin. Comment vas-tu ? » Qu’il me demande, alors tout naturellement je lui réponds.

« Bonjour m’sieur Gregory ! Je vais bien et vous ? »

« Plutôt bien » Puis il se tourne vers son fils. « Alors Canker ? Tu ne dis pas bonjour à ton amie ? »

Canker me fixe alors et sourit timidement.

« Bon…Bonjour Malkin. » Qu’il lâche tout bas, détournant le regard aussi sec.

« Salut ! » Que je lui réponds en le fixant, souriante. J’adore le voir être gêné comme ça quand je suis pas loin ! Je sais pas pourquoi, ça m’amuse beaucoup !

« Le Père Proetho t’a donné ta journée Malkin ? » Me demande Gregory.

« Ouais ! En plus il fait beau, c’est encore mieux ! »

Gregory m’adresse un sourire, amusé, puis répond donc.

« Tu veux peut être te joindre à l’entraînement de Canker ? On apprenait le maniement du bouclier, aujourd’hui. »

« Euh… » Je le fixe, un peu perplexe, moi portant un bouclier ? Je crois pas non… M’enfin ça peut être amusant.

« Bah… pourquoi pas ouais ? » Je réponds finalement.

« Bien. Tiens, prend donc cette épée en bois. » Dit Gregory, désignant une petite épée qui repose contre un arbre sur le coté.

Je prends donc ce… bah en fait c’est comme un bout de bois ce truc, je le ramasse donc et je regarde Gregory, attendant la suite.

« On va tâcher de donner une tournure plus pratique à cet entraînement, nous avons suffisamment parlé. Malkin, si tu le veux bien tu vas tenter de frapper Canker, ne t’en fais pas, si il prend un coup c’est qu’il n’a pas suffisamment écouté. »

Je fixe donc Canker avec un grand sourire, et celui-ci semble se mettre en position euh… bah il lève son bouclier quoi, bien que visiblement mal à l’aise en ma présence comme toujours. Je m’avance donc, et je balance mon bâton en avant, bon je me retiens un peu car j’ai pas vraiment envie de lui faire mal, je l’aime bien moi.

Ca serait difficile à expliquer là mais… bah ça a fait bonk, et ça m’a fait trembler tous le bras. Si j’ai bien compris Canker a bloqué avec son bouclier je crois, et il s’est déjà remis en place. Je recommence comme ça plusieurs fois pis je m’arrête un peu, ça fatigue et j’ai un peu mal au bras, j’suis pas habituée à faire ça quoi. Visiblement Canker se débrouille bien car Gregory le complimente modérément en lui donnant quelques conseils.

J’ai passé une grande partie de la journée avec eux, participant à leur entraînement, mangeant avec eux…  pis je suis finalement rentrée, fatiguée, avant de m’effondrer sur mon lit. Pfiou… demain je dois encore écouter Proetho le matin… Enfin, c’est pas grave, au moins j’aurai encore ma journée pour aller m’amuser, pis Canker aura peut être la sienne aussi. Ca serait marrant…

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