[Livre] Armure et Ramure

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[Livre] Armure et Ramure

Message par Thaleras le Mer 3 Fév 2016 - 0:42

SOMMAIRE :

1- Introduction, les dessous de l'armure
2- Les protections du guerrier moyen
3- L'armure de plates
4- La question des enchantements
5- L'entretien au quotidien




1 - Introduction, les dessous de l'armure


Et non, je ne parle pas du dernier ensemble sexy trouvé en boutique à Dalaran.
Mais, oui, vous avez déjà du en voir, de ces fringants jeunes aventuriers inexpérimentés partant en guerre avec à peine une chemise de lin sous leur cuirasse ! Sachez pourtant que c'est une très, très mauvaise idée.


***
Car si l'armure, quelle qu'elle soit, protège effectivement des dégats tranchants ou perforants, la protection qu'elle offre contre la force des impacts en eux-même est quasi nulle. Ainsi, il convient d'avoir quelque chose en-dessous, d'assez épais, afin d'amortir les chocs.


Nos aïeux utilisaient de lourdes et épaisses tuniques d'étoffe, comme de la laine, qu'ils portaient en-dessous de leur cotte de maille par exemple. Ce genre de protection est suffisant si l'armure en elle-même n'excède pas un certain poids ou une certaine rigidité.

Toutefois, avec l'avancée de l'armement est apparu le gambison, sorte de gilet, plus ou moins long, à manches longues ou courtes, fait d'étoffe épaisse (ou parfois de cuir) rembourrée, qui pèse environ 3kg pour les versions en tissu. Sans lui, l'armure (et notamment de plates) devient inutile, car le moindre coup violent porté entraînerait hémorragies internes et fractures.

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Re: [Livre] Armure et Ramure

Message par Thaleras le Mer 3 Fév 2016 - 0:43

2 - L'armure en elle-même : que choisir ?

Certains ne jurent que par la souplesse du cuir, alors que d'autres préfèrent se retrancher derière d'épaisses murailles d'acier, d'autres encore préfère suivre les dernières tendances à la cour du Roi sans chercher plus loin. Mais qui a raison ? En tous cas, certainement pas ceux qui pensent que l'on peut se balader en armure complète tous les jours sans aucun effet secondaire ! Aïe, ouille, c'est lourd ces machins là...

***
Le choix de l'armure dépend en premier lieu... Non des compétences, mais bel et bien des moyens financiers de l'homme d'arme ciblé. Le métal est en effet une denrée prisée et coûteuse, et ce d'autant plus en situation de guerre.
Notre soldat moyen arbore donc le plus souvent une cotte de mailles (un harnois de plaque étant complexe à ouvrager et comme dit ci-dessus cher !), ou parfois une broigne, une brigandine, ou (pouvons nous supposer) une armure de cuir telles que ce qu'on nos furtifs et autres éclaireurs, agrémentée ou non de spallières, brassards ou grèves de plaque.


Une cotte de mailles est formée d'anneaux d'acier reliés les un aux autres, il en existe plusieurs sortes en fonction de la longueur de la cotte, du diamètre des anneaux, du nombre d'anneaux utilisés par maille, de si les anneaux sont rivetés ou non... Chaque détail influençant alors sur la protection offerte mais aussi le poids de l'ensemble. Pour avoir une idée, une cotte de mailles simple courte (s'arrêtant aux hanches et aux coudes) fait environ 15kg, une cotte longue peut facilement faire 25kg.
Elle offre une bonne protection contre les coups de tranche et une liberté de mouvement relativement bonne (on peut faire des roulades avec une cotte de mailles, si si. C'est juste un peu lent), mais accuse une certaine faiblesse contre tous les coups perforants (estocs, carreaux d'arbalète, etc.). Un stylet bien manié peut également tout simplement passer au travers des mailles pour percer les points vitaux de notre pauvre homme d'armes.

La broigne est une sorte d'armure de cuir renforcée de métal, formée de lanières de cuir entrelacés et rivetés, alliant alors la souplesse du cuir à la résistance de l'acier, et offrant l'avantage d'être un peu moins lourd qu'une cotte de mailles (mais aussi un peu moins résistant).

Une cuirasse de cuir bouilli (c'est à dire dont les pièces sont trempées dans de l'eau chaude afin de lui donner une forme adapté et de les rigidifier) est bien évidemment la solution qui offre la plus grande mobilité (moins de poids, comptez à peine une dizaine de kilos pour l'ensemble), une absorption d'une partie des coups contondants et une résistance relative aux frappes de taille, mais qui présente les plus grandes faiblesses face à des coups d'estoc (enfin, n'oubliez pas que c'est du cuir, traité pour être résistant, et faisant généralement 3mm d'épaisseur).
Néanmoins, les coups (d'estoc, dague principalement) pourront éventuellement ripper sur du cuir gras, et donc être déviés.


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Re: [Livre] Armure et Ramure

Message par Thaleras le Mer 3 Fév 2016 - 0:44

3 - ...Hé mais attends, t'aurais pas oublié : les armures de plaque ?

Boarf, comme on dit, grosse armure, petite... Oui bon ho ça va.

***
Tout d'abord, l'armure de plaques, formée comme son nom l'indique de pièces de métal façonné reliées par de multiples sangles et courroies, n'est généralement pas portée seule, car elle révèle alors des faiblesses bien trop évidentes : les articulations sont très mal (voire pas du tout suivant la complexité et donc la qualité de l'équipement) couvertes.

Un ensemble complet cubutières-genouillières entravant de manière non négligeable les mouvement de notre fortuné guerrier, le plus souvent ces parties sont alors couvertes avec des pièces de mailles liant les plates entre elles. Le port d'une cotte de maille sous la plate est aussi possible, mais cela ajoute alors un poids très handicapant.

Un autre moyen peut être de porter, par-dessus l'incontournable gambison, une tunique de cuir ou de tissu épais renforcée de morceaux de cotte de mailles cousus aux endroits stratégiques (de d'avoir ces mêmes morceaux directements fixés au gambison).

Contrairement à ce que l'on pense, un harnois complet n'est pas "si" encombrant, car l’armure est façonnée au plus près du corps, et on veille à ce que son poids, d’environ 25 à 30 kilos soit le mieux réparti possible. Ainsi, le guerrier est libre de la plupart de ses mouvements et capable de se mettre seul en selle, ou de se redresser s'il est tombé à terre. Néanmoins, même le plus aguerri des combattants s'en trouvera ralenti et "gêné" !

Ce type d’armure résiste à l’épée et impose, pour vaincre l’adversaire pareillement équipée, des coups d’estoc aux jointures des différentes plates. Etant constituée pour dévier les coups de l’adversaire (grâce à la forme bombée des pièces), la pique est inefficace à moins de viser ce qui est découvert, ce qui vaut également contre les carreaux d'arbalète, les flèches et les balles à longue portée (dans une moindre mesure pour ces dernières). Par contre, les armes d’hast comme les marteaux, les hallebardes, etc.  grâce au poids apporté par l’inertie du mouvement sont particulièrement dangereuse. Le tranchant d'une hache est particulièrement redoutable, du fait de cette même inertie, car il permet de déchirer l'acier des plates, alors qu'une masse ou un fléau d'armes enfonce l'armure et fait le plus souvent de la bouillie avec les membre de son occupant.


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Re: [Livre] Armure et Ramure

Message par Thaleras le Mer 3 Fév 2016 - 0:46

4 - Les joies des enchantements


"Ouais j'ai fait enchanter mon armure hier, ça fait tellement plus classe avec les runes qui brillent de partout assorties à mon nouvel arc... Hein, à quoi ça sert ? J'en sais rien, j'ai pris l'enchantement le moins cher en fait."

***
Comme vous l'avez noté, les pages précédentes ne s'appliquent pas à nos chers mages, démonistes et autres amateurs de tenues plus légères. Bien que je doute qu'un lanceur de sorts sain d'esprit aille au combat vêtu en tout et pour tout d'une fine robe de soie et cape assortie (il préfèrera plutôt jupe de bataille et plastron de tissu lourd renforcé de cuir, voir de quelques pièces d'acier - allons, ça reste une armure légère sans verser dans les tendances suicidaires !), ce sont cette fois-ci eux les plus concernés par ce qui va suivre.

Oui, des enchantements peuvent être placés sur les armes et armures par les personnes habilitées, sous la forme de symboles tissés dans les étoffes ou gravées dans le cuir ou l'acier, et oui, nous pouvons les utiliser (avec parcimonie et intelligence) sans oublier cependant que ce genre de sortilèges, nécessitant composants et savoir-faire particuliers, est loin d'être donné.

On peut les séparer en deux grandes catégories, ceux qui aideront votre armure (et donc vous en-dessous) à résister à ce vilain éclair ou à cette boule de feu en dissipant l'énergie magique, et ceux qui augmenteront dans les limites du raisonnable la résistance physique des matériaux (et donc diminueront vos frais d'entretien).

Malgré tout, avant de songer à vous barder d'enchantements au point de faire pâlir de jalousie un archimage devant votre aura magique, n'oubliez pas cependant que le premier risque de blessure viendra des parties que votre armure ne couvre pas !


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Re: [Livre] Armure et Ramure

Message par Thaleras le Mer 3 Fév 2016 - 0:46

5 - Votre armure et vous, jour après jour


Vous l'avez fait, enfin, toutes vos étrennes du Voile d'hiver récoltées patiemment année après année vous ont permis de vous offrir la splendide armure qui hantait vos rêves les plus fous et vous pouvez à présent vous pavaner fier comme un coq sur la place Faol en plates rutilantes à en faire ternir l'aura d'un lumineux... Mais attendez, ne commencerait-il pas à pleuvoir, là ? Et ce berserker vicieux, ne vient-il pas de vous frôler de sa cuirasse pleine de pics en laissant une belle rayure sur votre spallière immaculée ?

***
Les armures (comme les armes d'ailleurs), quelque soit le(s) matériau(x) les constituant, nécessitent un entretien régulier et relativement rigoureux sous peine de voir traces disgracieuses, taches de rouille et rayures en altérer la surface, ou dans le pire des cas qu'elles finissent  par s'abimer en profondeur, la plupart des substances organiques diverses récoltées sur le champ de bataille ne faisant pas bon ménage avec le cuir ou l'acier.

C'est le travail du combattant et non du forgeron de démonter et d'entretenir régulièrement son équipement et de veiller à ce qu'il soit toujours en excellent état et prêt en cas de combat, ce qui explique aussi qu'en théorie, vous ne devriez pas avoir tant envie que cela de frimer en harnois complet place Faol après avoir passé trois heures à démonter le bestiau pour en frotter chaque pièce...


Le cuir, ce qui inclue donc les sangles, baudriers, ceinturons, fourreaux, éléments divers en cuir et pièces d'armures en cuir bouilli, est le matériau le plus fragile dans le temps, mais qui présente le plus de facilités d'entretien.
Il convient, après utilisation, de brosser les pièces en cuir afin de les débarrasser de la saleté, si besoin de les laver avec un peu d'eau et de savon, puis après séchage de les cirer ou huiler à l'aide d'un chiffon. Contrairement à ce que l'on pense, l'eau n'abime pas le cuir si on veille à le faire correctement sécher avant d'appliquer un corps gras protecteur. Notez que cette remarque ne s'applique pas à l'eau salée. Ne faites jamais votre lessive dans de l'eau de mer. Jamais.

En cas d'entailles sur les pièces en cuir d'une armure, on peut, suivant la localisation et la surface de l'endroit à réparer, recoudre, mettre une pièce de renfort par-dessus, ou tout simplement changer le morceau abimé, l'avantage de ce matériau est qu'il est facilement abordable (en théorie on se procure plus facilement du cuir que du tissu !). Pour "fabriquer" du cuir bouilli il convient de plonger la pièce découpée dans du cuir tanné dans un bain à env. 40°C d'eau (voire de cire chaude ou de gélatine) avant de la laisser sécher sur un "moule" qui lui permettra de garder une forme prédéfinie.


Pour ce qui est de l'acier (et des métaux en général), une première règle de base consiste à ne jamais toucher une pièce à mains nues (ceci vaut également pour les lames des épées et dagues). En effet l'acidité naturelle de la peau corrode le métal et fait apparaitre de vilaines traces qu'il faut poncer ensuite pour faire disparaitre (donc on se donne du travail pour rien, et en plus on enlève de la matière, et on fragilise la pièce inutilement).
L'acier s'oxyde facilement, c'est pourquoi il convient, après nettoyage, de frotter les parties en plaque commençant à se ternir d'une armure avec des abrasifs fins avant de la polir et d'en huiler les pièces (ou de passer de la cire d'abeille, ça tache moins les vêtements du porteur mais c'est plus fastidieux à employer).

Les coups et déformations du métal sur une pièce en plaque se rattrapent en tapant doucement sur la face interne avec un marteau (technique de carrossier !) afin de redresser l'acier. Si les petites déformations peuvent être traitées par le combattant, dans le cas de dégats plus important le recours à un armurier s'avère inévitable.


Les multiples anneaux d'une cotte de mailles démultipliant la surface de contact entre le métal et l'air, et donc les chances d'apparition de points de rouille, tout en rendant plus délicat leur nettoyage, les cottes sont le plus souvent directement frottées au sable puis avec chiffons et brosses avant d'êtres huilées.

Les anneaux peuvent se briser et laisser des "trous", toutefois il est très facile de se fabriquer une réserve d'anneaux et de réparer une cotte de mailles simple, il suffit de s'armer de patience et d'observer la manière dont les anneaux sont entrelacés. Pour une cotte rivetée, un équipement et une connaissance plus conséquentes sont demandés (ou alors, faites appel à un ami -armurier si possible-).


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Re: [Livre] Armure et Ramure

Message par Thaleras le Mer 3 Fév 2016 - 0:50

HRP - Conclusion et rappels de bon sens


J'espère donc que ce petit guide-aide-mémoire aura rempli son double-objectif premier, à savoir rafraichir la mémoire de certains et fournir à d'autres des informations de base, mais tellement utiles lorsqu'on veut incarner un combattant expérimenté sans passer pour un plouc !
La plupart des éléments donnés proviennent de ma propre expérience et de divers forums et documentations récupérées chez des associations de reconstitution historique, et ce résumé permet -je l'espère- au moins d'avoir un condensé d'infos utiles sans devoir parcourir le web en urgence entre deux emotes.

Me basant sur des données historiques par souci de cohérence autant que de simplicité, je n'évoque donc pas les métaux et matériaux propres au monde de Warcraft et bien évidemment, certains poids et certaines caractéristiques peuvent différer légèrement. Toutefois, notez que Warcraft est à l'origine très fortement inspiré de l'ère médiévale européenne (et que bien souvent les 9/10 des PJs ne peuvent pas s'offrir d'armure complète en élémentium par exemple), par conséquent j'estime que les ordres de grandeurs donnés restent justes.

De plus, en ce qui concerne les armures, il faut garder à l'esprit deux choses : la première concernant la résistance d'un équipement défensif : n'oubliez pas qu'une armure n'est pas là pour stopper net un coup mais pour le dévier de sa trajectoire initiale, comptant pour ça sur la résistance du matériau et la forme des pièces autant que sur les mouvements de son porteur. Même en portant un harnois complet taillé dans de la tôle d'acier de 1mm, si on ne bouge pas, un coup d'estramaçon fera du dégât.

La deuxième, plus communément acquise, est que chaque pièce d'armure se base sur un équilibre entre mobilité et capacité brute d'absorption. Plus le matériau de fabrication est dense (et donc dévie/absorbe le coup), plus il sera lourd, et donc plus il gênera la course des mouvements de son porteur. A l'inverse, plus il est léger, plus il permettra au combattant de se déplacer rapidement ou de se mettre à temps dans des postures favorables pour faire dévier les frappes, mais moins il sera résistant à l'impact du coup porté.


Bref, TL;DR : en matière d'équipement, il faut savoir garder un minimum de cohérence à l'esprit et ce même dans un monde médfan agrémenté de matériaux étranges et d'enchantements divers.

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