26/07/34 Moustique, pélican, nuages, une ou deux étoiles et le sens de la vie

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26/07/34 Moustique, pélican, nuages, une ou deux étoiles et le sens de la vie

Message par Admin le Mer 3 Fév 2016 - 16:34

C'était une chaude nuit d'été. Il était tard, mais le ciel était très clair grâce à la grande lune et aux étoiles. Tout était baigné d'une lumière tendre, presque discrète. Certains humains m'ont dit ne pas y voir dans des nuits qui se sont révélés être pour nous, pareils au jour. Mais même un humain y aurait vu, dans cette nuit.

Je revenais d'une longue balade. J'ai été habitué pendant des années à vivre de manière plus saine qu'à l'Académie. Et les paysages ne sont plus les mêmes la nuit. Ma cousine était à l'époque avec mon ami Inwëriel, avant qu'il ne meurt en Norfendre. Dèsiré, enfin le Salve-Serre, restait une statue comme une autre, mais ce soir-là , l'alcool l'avait mené assez loin pour qu'il entre dans la danse de mon excentricité. Le Capitaine lui, avait laissé son masque de Capitaine pour la même raison, d'ailleurs, à n'en pas douter.



« Bonne nuit, Liso' ! Bon, j'ai une super histoire à vous raconter. » je fronçais légèrement les sourcils alors qu'Inwë' imitait les statues en récupérant son épée et la sanglait à son épaule.
-Passez une agréable fin de soirée, dit-il de son ton exaspérant d'individu trop sérieux, réfléchissant trop et qui ne se laissait pas aller simplement à la vie comme moi. Le Capitaine le saluait d'un accord grave et il était déjà parti vers, sans doute, une discussion ennuyeuse sur le blablatage qu'ont les amoureux entre eux. Je ne fais presque jamais ça avec Naestrae. C'est une perte de temps pour elle et moi à n'en pas douter.
-Bonne nuit vieux. Bon. Je vais vous raconter une histoire. Celle d'un pélican, d'un nuage, sur une ou deux étoiles et sur les moustiques et sur la vie des choses.
Salvy me regardait en jouant lentement, distrait par mes paroles, sans doute en train de les interpréter dans son esprit embrumé par les vapeurs des alcools consommés.
-Un jour, un moustique s'en allait tranquillement vers une étoile car on lui avait raconté le plus terrible des mensonges. Chacune de ces étoiles était comme le Soleil. Le moustique s'était dit « Narvalo là, c'quoi ces bobards ».
Le Capitaine avait lâché un trémolo de notes aiguës pour ce bon moustique à l'aide de son crin-crin.
-Il était donc parti en quête de vérité, et pour ce faire, il était prêt à faire des efforts.
C'était au tour de Salvy de faire mumuse avec son bordel à cordes avec quelques notes sinistres. Petits crâneurs musiciens.
-Alors qu'il approchait d'un nuage en forme de boule de coton extrêmement confortable pour le commun mais atrocement pas assez rigide pour les individus de qualité...
Capitaine qui arque un sourcil, enrobe ce que je dis d'accords graves et chauds, doucement attaqués.
-Un pélican surgit de nulle part. Et pourtant de quelque part. Puisqu'il était là. En réalité, très fûté, l'animal s'était dit qu'en racontant des bobards, des tas de moustiques iraient vers les étoiles.
Le Salve-Serre suit le Courselame, sa musique laissant percevoir un amusement. C'est comme ça qu'on fait entendre aux gens le vrai sens de la vie.
-C'était ainsi qu'il avait cueilli au vol, pas moins de cent soixante treize escadres de petits insectes volants relous. Mais celui là ? Celui-là semblait particulier...Et il l'était. Oui monsieur. Il l'était.
Le Capitaine partait dans un médium de mauvais augure à l'aide de coups secs sur les cordes. Et il fallait que Salvy ouvre sa bouche.
-Mais Anyel, ça bouffe pas du poisson, ces oiseaux là ?
-Dans mon histoire que ça bouffe des vols de moustiques. Ta gueule c'est historique.
Bim. Mouché le Salvy, la bouche entreouverte. Bouffes en du moustique. Et voilà qu'il recommence à jouer. Mieux.
-Donc il était malin.
Le Capitaine confirmait d'un « plink plink » aigü.
-Et un peu comme moi quand j'attaque Garahn, il se mit à lui faire pleins de piqûres. Mais foutu plumage, c'était dur de le piquer cet oiseau. Repérant vers le cou une faille dans son armure...Il y fila à grande vitesse et entama son attaque. KRRRRCH, ICI MARCEL-OSCAR-URSULE-TERENAS-IRMA-QUEL'RELOU-URSULE-ENCORE UN, J'ENTAME LA DESCENTE. J'Y SUIS PRESQUE...J'Y SUIS PRESQUE...
Le Capitaine descendait dans les graves. Dèsiré y plaçait des accords trainants, rapides et angoissants.
-Et là, il le piqua avant de s'éloigner. Tous les moustiques approchant étaient heureux, se disant qu'il l'avait tué. Sauf que... KRRRRCH ICI MOUSTIQUE 1, J'AI TOUCHE A COTE, JE REPETE, J'AI TOUCHE A COTE ! Du coup il fit demi-tour. Sauf que là...Le pélican était prêt à contre-attaquer.
Je mimais un pélican en battant des bras.
-Déployez la chasse, dit le pélican et la chasse se déploya, composés exclusivement d'araignées mercenaires montées sur des libellules.
Plink plink sinistres et accords vifs et aigus de la part des musiciens.
-Le peuple moustique vint à l'aide de son plus grand héros. Mais nombreux périrent à cause des plans bien élaborés des araignées. « Déployez les câbles les gars, on va les entoiler ces bâtards ! P'tit déj' gratos demain ! »
Je prends une inspiration. Ca demande des efforts physiques aussi, raconter une bonne histoire.
-Alors que MOUSTIQUE 1 approchait de la gorge, une voix lui parvint...en esprit. « N'utilise pas son système de visée B-A-T-A-R-D. Fais confiance à la veine. La veine est avec toi. » Alors le moustique attaqua la veine dans laquelle était située par le plus grand des hasards un caillot. Caillot qui alla jusqu'à la tête de l'animal, rencontrant dans son passage des ganglions lymphatanomiques, leur disant bonjour, comment ça va, les enfants vont bien, si jamais ils faisaient de bonnes études, avant de regarder sa montre et de dire qu'il était pressé.
Accords implacables, solennels, intenses de la part du Capitaine. Dèsiré lui, effondré sur son bout de bois, en train d'étouffer des rires silencieux. Le Capitaine aussi d'ailleurs. C'est pour ça que le Capitaine est Capitaine. Il sait faire deux choses à la fois. Rire et jouer du crin-crin. Il joue la panique avec beaucoup de notes.
-Arrivé à destination, bim. Coupures de l'arrivée de sang dans la caboche. Fini. Il tombe et emporte dans sa chute...ben un peu tout le monde en fait. Certaines toiles se déchirent, libérant des moustiques, les autres, se savant déjà condamnés récitent leur « Avé moustique, nous te saluons. ». Bref c'est la merde.
Je reprends encore une inspiration avant de reprendre. C'est important de marquer des arrêts. Ca donne du rythme. Le Capitaine lui se déchaîne sur sa guitare.
-Moustique, lui était reparti vers les étoiles après que la voix lui ait murmuré « La veine est avec toi...à jamais. » L'histoire dit qu'il mourut en traversant un nuage parce que ce con savait pas que c'était pas vraiment du coton. Ou en altitude parce qu'un corps d'insecte super relou n'a rien à y faire. Mais ce qu'il faut en retenir, c'est que surtout, comme le moustique, j'aurais pu piquer la veine de Garahn, bim.
Je laisse passer quelques instants de silences où ils rigolent en silence, mais ils rigolent. Trop pudiques et à la fois trop amusés pour se retenir. On peut dire que c'est un demi-rire alors. Un rire doit sortir, pas être retenus, deux grands idiots-qui-savent-pourtant-des-choses. Puis je rouvre la bouche pour leur donner un vrai conseil.
-...Ou alors que voler trop haut c'est mauvais pour la santé.
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